Les Principes de la philosophie, III. Vo
LA COSMOlîONIi: Di: DESGARTi:S
cartes définit la matière par Vrlenduo ront'nnic, substance des corps; il la suppose pr-imilivemenl divis(''epar le Cr'éateur* en par-ties séparables les unes des autres, mues circulair'ement autour* de huir's pr'oprvs centres, et réunies en de certaines agglomér'ations qui sont elles-mêmes portées en des révolutions circulaires communes autoui* (h^ centrées disnosf''-; dnn'^ l'espace aux lieux où doivent se for-mer les astres : ce sont les tour'billons. Descartes cher'elu* ensuite àmonlrvr par des raisonnements et des images, mais qui demeurent vagues, coinmenl toutes ces divisions d'étendue, de gr*andeur moyenne, et à peu pr-ès rondes, ou (pri le deviennent, sont amené'cs sans airtr*e action divine, par leurs chocs et leur*s fr'ottemerds continuels, en pai'ties de di\er*s(vs fiî»-ures et tirosseurs, dont eei'taine^ extrvmenient menues, à former* les « trois éléments pr'inci|)aux du monde visible ». Le Soleil et les étoiles fixes « ont la for*me du pr'cmierde ces élémcînts ». le plus subtil; « les ci(nix, celle du second, et la Tenv avec les |)lanètes celle du troisième ». Les cieux sont faits de l'étendue iirler'médiaire, tr*ansparente en ver'tu de sa constitution moléculair'e, que Descart(\s décr'it minuticMrscMuent, et la iHilurc de la Uunlère est l'eUbrl que U\s par licules infinitc'simales du pi'cmier élément font pour* s'éloigner* de leur's centr*es.
(( Quand je dis, explique Descaries, que ces petites boules font (juehjue elVort, ou bien qu'elles ont quelque inclination à s'éloigner* (k\s centres autour (h^squels elles tour*n(Mit, je n'entends pas (pi'on leur attr'ibue aucune pensée d'où pr'ocède cette in(*rmation : mais seulement (ju'elles sont tellemeni dispos(''es »à se mouvoir-, cju'elles s'en éloignei*aient en elîet, si elles n'('taient r-etenues par aucune autre cause. » La l'orbe centrifuue, inuénieusement exj)rrquée dans son r*apport avec la force centripète, originaire de la création, est le mouvement qui, communiqué et prolongé en droites lignes ou rayons, instantanément, à
i. Les Principes de la pliilosnjtjiie III, ."iT.
KTUni: SUR LA Pi:ilC!:PTION ET LA FOIlCi:
LA cosMoi;oNii: 1)1-: di:scarti:s
travers le plein de l'espace, est la cause de la liiinirre.
C'est la lumière, (jue Descartes, — trouvant plus de diflicuKé peut-être à s'e\j)liquer la transmission de la chaleur que celle de la lumière, à travers la frdnsjutrvncc du scconfi rlniivn/ — définit comme le produit essentiel des actions centrit'ug'es du premier r/r/nc/tt. 11 fjiit de la chaliMu* un eiïct probable de la linnière elle-même, un effet tei'restre, mais toujours rapporté au mouvement connue cause, — autant, du moins, que la causalité est applicable dans la ])hiloso{)iiie de Descartes, à la corrélation des pliénomènes du mou\ ement et de ceux de la sensibilité.
« C'est une agitation des |)elitos parties des corps terrestres, qu'on nomme en eux la chaleur (soit (prelle ait été excitée par la lumière du Soleil, soit par quelque autre cause) principalement lorsqu'elle est plus grande (jue de coutume, et qu'elle peut mouvoir les nerfs de nos mains pour être sentie; car cette dénomination de chaleur se rapporte au sens de l'attouchement. Et on peut ici remar- (juer la raison pourquoi la chaleur qui a été protluite parla lumière, demeure j)ar après dans les corps terrestres, encore que cette lumière soit absente, jusqu'à ce (jue quelque autre cause l'en ote: car elle ne consiste qu'au mouvement des petites parties de ces corps, et ce mouvement, étant une fois excité en elle, y doit demeurer jus(ju"à ce qu'il puisse être transféré à d'autres corps ^ » La théorie s'étend sans peine à une vague explication de la dilatation des corps par l'action de la chaleur.
En conséquence de sa théorie générale des tourbillons et des mouvements luminifères du premier élén)(»nl, Descartes admet que la Terre a été primitivement un astre» composé, comme le Soleil, ({uoique plus petit, de la pure matière de ce premier élément ; que cette matièi-e est devenue progressivement plus opaque et obscure, gardant au centre seulement son premier état, et que, n'obéissant plus par