KANT
La <>;'('.néralisalion de la pesanteur et sa définition mathémati(pie comme loi universelle des phénomènes satisfit, pour la science, au premier des deux grands desiderata du monde de Descartes, et ce fut Kant qui en tira parti le jiremier, dans son essai de cosmogonie. Il présenta luimême celte œuvre comme une théorie de la constitution et
de Te )rigine >>/m^///<^//c de l'univers, ^/'<'/y>/•(^^• /c.s yy/7>/r/yvc.S('/c Ncwlo/t. Il définit les forces par leurs efTets, réduits essentiellement à deux, l'attraction et la répulsion, en tant que pures actions nu'Jcanicpies, fonctions inverses d'aj)procher ou d'éloigner les corps, et qui ne nous les font considérer (pie sous l'aspect de leurs positions et distances mutuelles. 11 se coidbrmait en cela à l'intention (pie Xewton avait expi'imr'c^ connne géomètre, d'éviter toute liyj)othèse sur la nature réelle des forces; mais il s'éloignait doublement de lui. d'aillem's : 1'' en admettant les actions à distance; 2' en rejetant le vide, et revenant à la physique cartésienne sous ce rap{)ort. Il admettait aussi, comme Descartes, un éther calorifique et lumineux, mais sans pouvoir plus que lui imaginer aucun rapport défini reliant la formation et les révolutions des astres avec la cause de leur incandescence, phénomènes rapportées cependant tous au mouvement. Le [)rogrès, dans cette cosmogonie mécanique, consistait à prendre pour état initial, au lieu de la j)ure étendue, divisée et mue par lacté divin, une sorte de chaos réel, hy|)othèse toutefois peu intelligible d'un état informe g ta sticccdc atf nvdnt, et qui est doué de finalité. Cet (Uat initial renferme, avec des espèces de matière diverses, une force d'attraction variable, ca])able, d'une part, de
iVlL'DE SUR LA PERCEPTION Eï LA FORGE
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former des agglomérations, et tenue, d'autre part, en c'(|uilibre par des forces répulsives.
Kant remplaçait l'action d'un créateur par la tendance, qu'il attribuait à la matière, de se fciçonner et de s'oi'ganiseï* pour répondre à iuK'v rlcnn'llv <lr rinfrlluicucc divine. C'est le principe de l'évolution, aucjuel il donna un plein développem(Mit, dans sa thniric du (ici, en supposant i\Qs mondes et des systèmes de mondes, passés et futui's. détruits et renaissants, éternellement formés par Tétre suprême suivant les mêmes lois, pour manifester, dans le temps et Tespace indéfinis, Tinlinité actuelle de ses j)erfections. Kant admit néanmoins l'unité du monde foi'm('' progressivement autour d'un point central unifjue, (rallraction prépondérante, centre de la nature autour duquel s(^ produirait rexj)ansion d'une création sans fin ; et celle» conception s'accorde mal avec la j)récédente ; mais ne sortons pas de notre sujet.
L'idée d'une force attractive est ordinairement celle rTune force qui agit à distance, et c'est j)Our cela menu; (jue Newton, à qui la supposition d'une telle force r(''j)ugnai(, — comme (^lle a fait depuis à tant d'autres géomètres, — la posait comme loi mathématique seulement, et en répudiait l'interprétation suivant laquelle une action serait transmissible sans intermédiaire mécanitpie. Kant admit que l'attraction implique, en son concept même, Tcwlériorité de son objet; il énonça ce théorème : « h\itlriicti(nï essentielle à toute iniitH're est une action immédiate de cette matière sur d'autres à travers l'espace vide. » Ce texte est formel et se trouve dans ses Pri/n ipes /uétft/jltf/siqves de la scivncr de la nature ^, encore bien que la réalité du vide soit contestée dans cet ouvrage. Kant entend par là que l'action s'exerce indépendamment du fait d'un espace interposé, et aussi sans qu'aucune matière intermédiaire y puisse faire obstacle. Mais l'espace ne laisse