L'IDEE DE PERFKCTION ET L'IDEE DE CREATION
Tait prédctiTMiiné, a été la source de deux mille ans de controverses et de procès d'hérésie, dans TEcole et dans rÉglise, qui ne pouvaient, les prémisses (Haut immuables, avoir aucune issue philosoplii(|ue.
L'idét' d(' perfection reclirié(\ en son acception rationnelle, c'est-à-dire conforme aux lois de renlcMidement, devient un |)rincipe applicable à la création, considérée comme une œuvre, l'œuvre de Dieu, et permet de la définir. Le parfait et 1 imparfait, termes relatifs, se disent des œuvres d'une Nolonté qui se propose une fin, et selon que cette (In est jugée atteinte, ou aj)prochée plus ou moins, telle que l'auteur Ta conçue. Ce jugement appartient à Tentendement humain, puisque c'est rentendement humain (jui seul peut poser le concept de création comme le concept d'une volonté agissant pour une fin. Cet entendement doit (lès lors, et de ce |)oinl de vue qui est essentiellement celui de l'homme, considérer dans la lin dcyix choses : la coordination de tous les rapports dont se compose l'idée du monde : c'est la |)erfection intellectuelle, et le bien des créatures : c'est la perfection morale. Ce bien devra être défini.
Le concept de perfection, poui* être eomplel, (piand c'est à la création (pi'il s'applicpie, demande que la création soit envisagée comme pleine et entière, sans antécédents, ce qui d'ailleurs est une exigence du pur concept, connne nous l'avons expliqué (I\). Un démiurge qui aurait à mettre en œuvre des éléments domiés [)our faire un monde, s'ils étaient à l'état chaotique, et constitués en eux-mêmes d'ailleurs, de quelque manière que ce fût, n'aurait pas toute sa liberté; et s'ils étaient déjà régis par des lois (hypothèse au fond la seule intelligible), aurait devant lui une création faite.