LIDÉE DE PERFECTION ET L'IDÉE DE CRÉATION
Il faut que le concept de perfection s'applique à la personne du Créateur, pour se pouvoir appliquer à son œuvre, et (ju'il s'applique avant tout à TinteUigence comme synthèse créatrice et créée (double face et rapport interne de la conscience objet et sujet) de toutes les lois directrices de l'entendement, et des formes de la sensibilité et des qualités morales de justice et de bonté.
liapjM'lons que la perfection delà personne, essentiellement intellectuelle et moral(% n'est point une quantité; (ju'elle ne comporte pas la possession des touts du temps et de l'espace, parce que ces touts n'existent point; que rindéfini est ouvert à la puissance parfaite, puissance sans bornes en ce sens, puissance infinie, si l'on veut désigner par le mot //////// un attribut réel de Dieu, un attribut intelligible.
La nature considérée comme un cours de phénomènes sans origine et sans lin nous ofîre une idée contrains à celle de la perfection : partout suspendue entre des antécédents et des conséquents, elle n'a jamais rien d'achevé, parce qu'on peut dire qu'elle n'a jamais rien commencé; ce sont deux termes qui se tiennent l'un l'autre, dans le concept de finalité. L'hypothèse de la création permet celle de la perfection de l'œuvre, en supposant le Créateur parfait, et cette hypothèse se justifie comme rationnelle, à l'encontre des doctrines de l'absolu et de l'infini (de l'évolution, de l'émanation et des liypostases). Il reste seulement à expliquer l'existence du mal dans le monde, et pourquoi l'œuvre du Créateur parfait n'est pas, si l'on en juge par l'expérience, une œuvre parfaite. Il est vrai que les philosophes adversaires de la doctrine de la création ont eu affaire au môme problème fondamental, à un autre point de vue, dans leurs théories, et (ju'ils ont professé généralement l'optimisme dans les jugements qu'ils ont portés sur la valeur du monde ; mais on s'aperçoit, en les étudiant, qu'ils n'ont eu, pour défendre cette opinion, d'autre res-
LA CRÉATION DANS LA GOSMOGONIK lŒBIlAIOUK
source que d'essayer de nous persuader que le mal est une sorte de bien.
C'est en ce point des spéculations cosmogoniques, que la question se pose entre Tinterprétation optimiste des philosophes partisans de la nécessiti', ou enchaînement nécessaire, uniqiip (>t universel ârs phénomènes (j)hilosophes déterministes, suivant le terme aujourd'hui prélV-ré, quoique ou parce que moins clair) et les penseurs qui rapportent l'origine du mal à Facte de la créature dans un moiide créé parfait.
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