‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 171 sur 211 · SYSTÈME DES FORCES DE ROSGOVICII · texte numérisé non relu

SYSTÈME DES FORCES DE ROSGOVICII

c'est enfin, pour riiistoire du crilieismo, le col('; romnrquablc et lo moins romnrquf' rie la révolution mentale de Kant , qui ne fut pas simplement l'invention de la méthode criticiste et transcendantale, maisTadoption d'une doctrine très doii^-matique de Fespace phénoménal, doctrine [)arfaitement indé[)endante de la liiéorie de l'intuition sj)atial(' apriorique, et qui h conduisit à Timplicite négation de la réalité du nionde des phénomènes^

CHAIMTHE WXVll

SYSTÈME MATIIÈMATDjtJE DES FORCES DE BOSCOVICII

Il serait injuste, quoique Boscovich ne soit pas habituellement classé comme philosophe proprement (ht, (Tomettre ici son œuvre, (jui est aîitérieure et, sur un point essentiel, supérieure à celle de ivant, en physicjue mccaniciue. Le traité principal de ce mathématicien ne l'ut, il est vrai, publié que trois ans aj)rès la DiQniiduluf/ic jilujsigue de Kant, mais ses idées caractéristiques, sa théorie générale de la /()/ ^/^'N' forces nature! 1rs, avaient ét('' exposées en d'autres de ses ouvrages, plusieurs années au])aravant.

I. Nous sommes rodrvables. pour l'étude de la physique de Kant. ù liiitéressante introduction que, sous le titre de Philosophie de hi tiu/ure dans Kanf. M. Cli. Andler a écrite pour sa traduction len <-ollal)oration avec M. Ed. Chavannesi des Premiers principes niéfaphf/sii/i/es de la nature de Kant. Mais nous sommes loin de parla^'er le sentiment de ce philosophe, (piand il appelle la seconde théorie de la matière de Kant, après tpiil se fut arrêté à la théorie des antinomies, une conrersion à V idéalisme '{\). XC). La monadolofjie phffsif/tie de 1756 était parfaitement idéaliste (V. [). 325 ci-dessus) : les Principes mélaphf/si(ptes de la nature' de 1786 ne le seraient que si. par idéaiis)ne, on di'vail entendre la doctrine absolutiste attribuant l'existence en soi à un monde situé hors de l'espace et du temps, et la refusant à un monde phénoiuénal dont les i)hénomènes ne seraient cpi<' les apparences de siitj^tjiuces absolument inconnues.

Il donnait lui-même, trop modestement, sa dof^trine comme un composé de celles de Leibniz et de Xcwton, quoique diiï(''rant beaucoup de Tune et de Tautre; il n'en marquait pas assez Toriginalité. Nous la trouvons dans la conception on ne peut plus nette et mathématicpie de la force immatériclhs abstraite, absolument distincte à la fois de toute faculté mentale et de toute com|)osition corporelle. 11 en ressort de curieux points de vue sur la séparation absolue entre Tesprit et le mouvement local, dans le cartésianisme, et sur rharmonic préétablie de Leibniz, que toutefois Bosoovich rej)oussait sans s'arrêter à la discuter.

Boscovich emprunte , dit-il , à Leibniz ses éléments sim|)les, inétendus; à Newton, les forces attractives et répulsives, fonctions des distances; à tous deux, la connexion universelle des phénomènes par les déterminations muluelles des forces. Il s'éloigne de Leibniz, en ce qu'il rejette la thèse de Tétendue continue, formée par des éléments inétendus, contigus : opinion suffisamment réfutée jadis, ajout(^-t-il, par les arguments de Zenon, auxquels il n'a jamai-s été ni ne sera jamais ré{)ondu ; mais il omet de remarquer que l'étendue n'est pas, pour Leil)niz, un sujet en soi composé de parties réelles. Xous avons vu que, à cet égard, Kant ne pensait pas autrement que n'avait fait Leibniz. Enfin, Boscovich s'éloigne de Newton en expli- (piant tous les phénomènes physiques par un principe unique de mouvement, et en n'admettant, aux distances minima des points, que la force répulsive, au lieu de l'attractive qu'y envisage Newton.

La dissidence capitale consiste plutôt, par rapport à Leibniz, en ce que Boscovich considère, dans les éléments, — (ju'd aj)pelle des jtoinfs non des t/iottr/f/es, — exclusivement la foiTC physicjue, (pi'il ne se charge pas d'expli- (juer; au lieu que Leibniz entend par la force le mode interne d'activité propre de la monade, en son accord avec le mouvement correspondant suivant la loi de l'harmonie

ÉTUDE SUR LA PKRCEPTIOX ET LA FORCE

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