SYSTÈME DES FORCES DE BOSCOVICH
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de Descaries consiste en ce que ce dernier se fondait sur la continuité et la divisibilité indéfinie de la matière dont les parties posséderaient le mouvement et se le transmettraient les unes aux autres, tandis que Boscovich envisage la force mouvante dans les rapports mutuels des points espacés, matière inétendue dont les éléments n'ont d'intervalles que leurs distances mutuelles, dans l'étendue qu'ils divisent. Cet immatérialisme aurait dii logiquement amener, avec la thèse de ressentielle discontinuité des forces dans l'espace, celle de la réelle discontinuité du milieu, en d'autres termes, la thèse du vide et la définition relativiste de l'espace, rapj)ort et ordre des coexistences. Nous savons que Kant, en ^o\\ inonadisnte physique, s'était arrêté à ce point de vue, ([u'il abandomia [dus tard. Mais Boscovich l'entendait autrement, et nous crovons en trouver la raison dans le réalisme si)alial qu'il se laissa imposer par une application stricte de la méthode géométrique à la représentation des déterminations des forces variables, en fonction des déterminations des distances des points. Les distances étant représentées par les abscisses de la courbe, suivant la loi unique des forces de lu nature, et les abscisses étant (les droites continues, il fallait, semblait-il, qu'elles correspondissent à des ordonnées également continiies, et dès lors les forces représentées par ces ordonnées devaient subir aussi la loi de continuité. Continues dans l'espace, elles devaient naturellement l'être dans le temps. Boscovich, par cette conséquence, qu'il aurait pu éviter peut-être à rai(K> d'une distinction entre les rapi)orts des phénomènes naturels et ceux de leurs abstractions géométriques, confirma le caractère abstrait des forces dans son système, et leur éloignement du concei)t des forces mentales, qui sont essentiellement discontinues dans leur action.
Boscovich admit donc l'espace à titre de sujet réel, ou en soi. Mais ce fut implicitement seulement, et en tachant de se défendi'c, par une exposition très subtile, de constituer,
ÉTUDE SUR LA PI:RCEPTI()N ET LA li\\\CE
par les intervalles des points, des infinis actuels, dont il disait n'admettre pas la possibilité. « Tout d'îd)ord il nie semble évident, dit-il, que, tant ceux qui admettent un espace absolu en sa réelle nature, et continu, éternel, immense, que ceux qui, avec les leibnifiens et les cartésiens, posent l'espace dans l'ordre (pi ont entre elles les choses qui existent, tous éo-alcment doivent admettre, outre les choses qui existent, un certain mode imaginaire, mais réel d'exister, par lequel elles sont là où elles sont, et qui existe quand elles sont là, et (jui périt quand elles cessent d'être où elles étaient... Dans le second cas, en elTet, si cet ordre qui, selon ces philosophes, constitue le lieu, n'était entendu des choses auxquelles il s'aj)pli(pie, (ju'alors et autant de fois qu'elles existent, c'est toujours en ce même ordre que ces choses existeraient, et, [na- cun^rcpiciit, elles ne changeraient pas de place. Un raisonnement semblable se peut l'aire au sujet du temps ». Le vice de l'argument ainsi opposé par Boscovich à la théorie leibnitienne de l'espace réside dans ce si, hypothèse qu'il ajoute à cette théoi'ie et qui en dénute, chez lui-même, la complète méconnaissance. « SI, dit-il, cet ordre ne constituait le lieu de hi chose qu'autant que le lieu est occupé par la chose, etc. w. Mais c'est tout le contraire que veut la théorie : l'ordre constitue, pour chaque point, des lieux qui varient avec le mouvement local de la chose ou des autres choses du svstème. Le lieu est relatif, comme le ch'^placement. Xe se définissant que [)ar la relation, il change avec elle, et ne saurait se rapporter à des points fixes dans resj)ace, parla raison que la position d'un point dans l'espace n'est définiï,sable que par la position de certains autres points, et cela sans terme. Le principe de relativité ressort encore plus clairement, s'il est possible, de la considération des choses du temps. La détermination d'un moment absolu du temps est la plus évidente des chimères.
« Il faut nécessairement admettre, conclut Boscovich,