‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 178 sur 211 · Boscovicli, Philosophiœ naliivails llieorhi. p. 28S · texte numérisé non relu

Boscovicli, Philosophiœ naliivails llieorhi. p. 28S

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LES THÈSES TIIKOLOGIQUES CHEZ BOSCOVICII 457

détermine en fonction les unes des autres les forces des monades, pai' Thypothèse d'une harmonie pré<Hablie, analoLiue à celle de Leibniz, unique moyen de (aire concorder le niLcain.^me de ces forces avec les déterminations des esprits.

Le motif que Boscovich fait valoir |)our refuser le caractère mental à ses monades, dont les fjualités uniques sont Tattî'aetion et la répulsion, et se réduisent à rien, pour ce qui serait de définir la nature de ces êtres élémentaires ; car il nous a a\ ertis qu\^lles n'ont pour lui que la signification des faits m(''caniques d'apj)roche ou d'éloignement de ces points selon leurs distances. Le motif d'une vue si abstraite, quoique procédant de la distinction absolue (cartésienne^ de l'esprit et de la matière, se lire d'une idée de la matière toute diiïerente de celle de Descartes, mais propre à fournir à la doctrine des distances le sujet math(''mati(pie dont elle a i)esoin. Boscovich, trouve la pi-opriété favoi'able à sa thi'orie dans l'impénétrabilité, non dans l'étendue, la composition et le mouvement, propriétés que d'ailleurs il ne croit j)oint incompatibles avec le sentiment et la perce[)tion. L'impénétrabilité absolue, ré^idtat de la répulsion indéfiniment croissante avec le rapprochement dv^ points, ensuite les distances, les degrés des forces, cpii en d<'j)endent, étant les faits uniques ajoutés à la donnei- des points, l'idée de matière n'a qu'une signification malhémati(jue en son ap})lication à la monade; c'est donc une sorte de matérialisme^ sans matière, et auquel ne se joint pas une doctrine de la vie et de la pensée, en corp'iation sullisante avec le mécanisme. Les brèves et vagues explications de Boscovich sur l'ame, ses rapports avec les mondes, son siège, (pi'il n'entreprend pas de définir, son commerce avec \v corps, ne présentent rien de l'intérêt d'un monadisme qui aurait porté moins exclusivement sur Faspect mécanique du système du mondée

1. Doscovifli. VliilosophUv ndfurulis f/ieoria, p. 78 sq.. 280 .s({.

i:Ti'ni": sur la pi:rci:ption i:t la kohci-:

La cléfinilioii rie la monade de Hoscovich, jnùnt hu al . comme il la nomme, point (ra|)|)licalion de la lorce, ne la rend pas senlement étran<i,ère à toute perception qu'on supposerait liée à Faction pro})rement dite, s'il y avait (ution, mais ce serait encore un non-sens de lui atli'ibuer la sjioutnnritr, caractère éminent de la monade de Leibniz, même (juand il l'envisage au [)lus bas degré de l'échelle de l'être. La loi universelle de Hoscovich est un parlait déterminisme mécanique rralisc par la solidarité des forces, toutes et à tout instant corrélatives, mutuelles et dépendantes de leurs antécédents. Les âmes, ou esprits, et les volontés peuvent bien constituer un monde dilTcicnl de celui des monades, et dont le philosoj)he définira les actes comme capables d'introduire des modifications dans les forces, ou monades, et d'en recevoii* de ces dernières, en leurs propres modifications ; mais il ne rend [)as intelligible cet échange d'influences entre des essences auxquelles leurs définitions ne donnent rien de commun ; il ne le cherchera même pas, ce ne sera que par une évidente contiadiction, introduite dans le concept de son mécanisme universel, qu'il en imaginera la loi altérée en des cas particuliers, pour donner l'entrée à des forces d'une autre nature, on ne sait comment produites et comment agissantes, et pour faire que les attractions et les répulsions cessent d'être ce qu'elles sont, là où elles sont, et de causer les mouvements (ju'elles doivent causer en vei'tu de l'institution fondamentale des fonctions de la force et de la distance.

Ce détei'minisme est d'ailleurs conforme aux vues de Hoscovich, en ce qui touche la séquence nécessaire des ('vénements ; et il en fait remonter le point d'attache au toutpuissant créateur qui, de tous les moments possibles de l'éternité antérieure et postérieure arrêta, dans sa liberté, le moment particulier où il créa la matière, et, entre tous les états infinis j)ossibles de la matière, choisit Tétai partie u-

LES TMKSKS TUKOLOCIQrLS CIILZ BOSCOVICH 4o0

lier, détermina les lieux, la courbe des forces, les distances des points locaux, les directions et les vitesses des mouvements, tels qu'ils devaient exister. L'impossibilité de l'éternité du mouvement et de la matière, dit Boscovich, ressort plus fortement que de toute autre théoiûe, de la mienne, qui fait déj)endre tous les phénomènes de la courhv f/cs /(urrs cl de hi forer (T'ntrrliv :

(c La matière, en effet, quoique posée avec son essentielle et nécessaire force d'inertie, en regard de la loi des forces actives, doit cependant être déterminée à son état, à un moment donné, |)ar son état au moment immédiatement précc'dent... Mais l'état précédent ne peut déterminer le suivant qu'autant qu'il a été déterminé lui-même à l'existence par un pn'cédent.. . Poursuivant à l'infini la S(Tie des déterminations successives, qui toutes ont été en elles-mêmes dénuées de la détermination à l'existence, nous trouvons que la siTie entière ne peut non plus la tenir d'elle-même, par la raison qu'une somme infinie de termes dont chacun est ('gai à zéro est elle-même égale à zéro. Elle ne peut la recevoir que d'un être posé hors d'elle ». L'être extérieur à la série, et qui a déterminé celle-là entre une infinité d'autres séries j)ossibles, ordonnées ou inordonnées, a du posséder la puissance de détermination infinie, la j)uissance élective, la connaissance et la sagesse, au défaut desquelles tout état qui a pu se produire à un moment quelconque, encore plus toute série de ces états, dans la suite des temps, devrait être jugée avoir été infiniment improbable *.

\e retenons, de cette intéressante forme amendée du vieil argument a ( onlint/ettlia ntund'i^ que la proposition de renchaînement absolu de tout état de la matière à l'état qui le précède immédiatement : cette proposition exclut la supposition (pi'il I misse appartenir à un agent différent de ceux qui sont pourvus de \i\ force d'inertie de produire la moindre

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