‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 191 sur 211 · LA MATIÈRE SELON LES COSMOGONIES PHYSIQUES · texte numérisé non relu

LA MATIÈRE SELON LES COSMOGONIES PHYSIQUES

tourbillons, et ne sont point de notre sujet ; et il pourrait ajouter qu'en leur plus grande généralité, ces idées ne dilîèrent pas beaucoup de celles de Kant. Il dit, pour conclure, à la suite d'un passage relatif à l'immense et inexplicable déperdition d' « énergie qui file incessamment dans l'espace sous forme de lumière et de clialeur... : il faut ici, comme dans toutes les questions d'origine, débuter par une liyi)othèse et demander à Dieu, comme le fait Descartes, la matière disséminée et les forces qui la régissent )) ^

Nous opposerons à la conclusion de M. Faye une doul)le contradiction : s'il faut s'adresser à Dieu, dirons-nous, il serait naturel que ce lut pour lui demander une création achevée, avec une matière organisée et des forces réglées pour la régii-, non une matière disséminée et des forces vagues. Et si c'est une origine que nous avons à déterminer dans les bornes imposées à la science, si ce sont des forces que nous avons à délinir, qui répondent à l'œuvre du monde actuellement sous nos yeux, la logique exige que nos hvpothèses sur la matière, son état et les forces, nous permettent de déduire, d'accord avec les lois de la mécanique rationnelle, le système entier des phénomènes astronomicpies. Mais c'est ce que ces hypothèses ne font point. Nous ne considéi-ons les cosmogonies physiques que dans leur rapport avec les idées de matière et de force. Il n'y a pas lieu de comprendre ici dans notre critique la cosmogonie que M. 11. Spencer a présentée, sous le titre de doctrine de l'évolution, comme l'accomplissement de la science ; car un des caractères saillants de cette doctrine consiste' en ce qu'elle lait de la Force, identifiée avec la INIalièr-e, une entité métaphysique dont la matière empiricjue, ou les idées que nous nous en formons, ne sont que des svmboles. Suivant 11. Spencer, les qualités de la matière

1. De Voriu'nie du monde. — Théories cosmogoniques, par IL Fayc p. 193-19.").

Renouvilr. — Le Personiialisme. ^^

ÉTUDE SUR L.V PERCEPTION ET LA FORCE

et les propriétés physiques dont dépendent les sensations de lumière, de chaleur, etc., celles du toucher, et les formes de la pensée, ne seraient que des modes de transformation du principe universel, et ce principe échappe à la physique des physiciens qui ne comiaissent en tous ces phénomènes et dans la force elh^-mème cjue les lois du mouvement. De plus, ce philosophe regarde le fond et Torigine des choses, tant objectives que sul)jectives, comme impénétrables, et les notions ultimes de la science comme incompréhensibles, aussi bien que leur nég'ation comme inconcevable, double caractère qui semblerait les devoir soustraire à toute détermination scientifique. Mais la réalité de leurs objets serait, selon cette doctrine, imposée à notre aiïirmation par l'évolution de la nature qui a formé notre cerveau et notre esprit en conformité avec le monde externe.

Les svstèmes scientifiques de cosmog'onie, y compris celui de Kant, si Ton ne recourt pas aux notions plus abstraites d'une autre partie de ses théories physiques, et en exceptant la théorie de Boscovich, dont nous avons traité plus haut, ne nous donnent pas une autr'c idée de la matière que celle dont l'imagination commune est en possession : c'est l'idée du solide impénétrable, dont les gaz parfaits seraient eux-mêmes composés ; et nous la trouvons encore, avec toute sa force, dans l'hypothèse la plus récente et la plus hardie des pinsiciens, allemands ou anglais, qui a reçu le nom de théorie cinétique des gaz. Celte th»''orie a pour nous, outre l'importance du sujet, comme conception atomistique nouvelle, l'intérêt des vues relatives à l'ordre infinitésimal de la matière.

Le premier point de l'Iiypothèse consiste dans ce postulat, que les molécules gazeuses, alîi'anchies de toute condition d'équilibre, se meuvent chacune (sauf les rencontres entre elles et les cliocs) en ligne droite, suivant le mouvement naturel que comporte la loi de l'inertie. La force

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