‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 193 sur 211 · THÉORIE CINÉTIQUE DES GAZ · texte numérisé non relu

THÉORIE CINÉTIQUE DES GAZ

Un tableau des vastes systèmes de tourbillons de molécules, dans l'enceinte d'intei'stices plus petits, incomparablement, que les moindres de ceux où peuvent pénétrer nos microscopes, a pour nos concepts cet intérêt, qu'il transfère, dans la pensée jouant avec la loi de relation, les dimensions relatives des espaces interstellaires à d'autres dimensions, également relatives, dont nous ne parvenons pas mieux à nous représenter les grandeurs dites ahsolacs, qui ne |)ourTaient jamais être que des rapports à nos unités sc/istlflcs. Et ce jeu est instructif, mais il n'est pas bien sûr que le génie mathématique des Clausius, des Maxwell et des ^^^ Thomson ne se trouverait pas applicable avec un pareil succès à des hypothèses oiî figureraient, au lieu des petites balles rigides, de petits ballons à fine enveloppe gonOés d'un élhei- infiniment subtil ; il ne resterait toujours qu'à cxplicpier l'élasticité de cet éther. Le reculement du pur problème mécanique est sans fin ; en admettant que les constructions matéi'ielles, partie [)Ositive des travaux mathématiques dont nous parlons, eussent pour fondement les inductions les plus vraiseml)lables, elles ne seraient jamais que d(>s abstractions et ne pourraient avoir, pour notre imagination, que Taspect d'un jeu de boules extrêmement compliqué. La réalité n'est point là.

De ce (pie les théories opposées de la solidité de la particule matérielle en soi, et des forces pures, sont, l'une comme l'autre, des produits de la méthode qui réalise des concepts et substantialise des qualités, il ne faudrail pas conclure à la rupture entre le conceptuel et le réel, comme si des concepts ne pouvaient pas fournir légitimement les attributs du réel; mais ce sont ces attributs, ce sont les relations, qu'il ne faut pas réaliser. Ne confondons pas la fonction nécessaire des rai)ports pour la définition de l'être réel, avec \cuvsuljs/an/ialisation pour constituer cet être en son ultime et [)ropi*e nature. Ajoutons de suite que Vétre mental est le seul qui, par la conscience que nous en

ÉTUDE SUR LA PERCEPTION ET LA FORCE

avons, soit compris de manière à n'être [)oint en sa définition un simple rapport réalisé ; c'est, au contraire, lui, cet rtrc mciitaL qui pose le rapport en acte, et qui renferme, tant pour noti'c expérience (celle du Cotjito crf/o sff?n) que par la compréhension, qui nous en est donnée , tous les ra])ports en puissance.

CIIAIMTHK XLIV

DE L"APl»Ll(:ATt()N 1)1" PRINCIPE DE KELATIVITÉ AUX NOTIONS l'IIVSlUl i:S PliEMlÈUES

« Toutes les tenlalives pour construire les ph('nomènes physiques avec une synthèse d'éléments conceptuels personnifiés sont vaines en physique aussi bien (ju'en métaphysique... Que ces éléments soient sul)slance et accident, ou matière et force, ils n'en sont pas plus réels, et aucune réalité ne peut être produite par leur adjonction '. » Tel est Tarrèt rendu contre la physique moderne, même la plus récente, et contre la métaphysique substantialiste, au nom du principe de relativité. L'auteur est un savant critique scientifi(iue, très au courant des théoi'ies, dont l'ouvrage, à l'adresse des physiciens, était exposé à recevoir d'eux le genre d'accueil qui ressend)le à la « conjuialion du silence «.Quant aux métaphysiciens, moins nombi'eux que les savants, et qui ne sont pas visés directement, ceux d'entre eux au moins qui eml)rassent la docti'ine des monades ne doivent pas se sentir* atteints par la condamnation du réalisme. Les termes de sahsiance et suhstdnrc si?)iji/c, chez le grand pliilosophe créateur de la Monadologie, n'ont point une autre acception que celle d'être, ou

J.-H. Stallo. La maltei-p et la plujsiqae inodvrne^ |>. I-U et 14.3.

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simple ou c ont pose ; et l'être, synonyme de substance' se définit par des qualités et des relations empruntées exclusivement à la fonction mentale; perception, appétition , action spontanée, qui sont des rapports donnés dans l'espace et dans le temps.

Mais, selon M. Stallo, le principe de relativité exigerait que les notions corrélatives du simple et du composé fussent telles, que l'une, la seconde, fût applicable à la réalité, et l'autre, sans application rationnelle possible. « Un des jdus remarquables spécimens, dit-il, de raisonnement ontologique, est l'argument qui, de l'existence de substances composées, infère l'existence de substances absolument simples. Leibniz place cet argument en tête de sa Monadologie : « Nrrcssc est <larl sfihstan/iassinfp/ices quia « (hinlur cotnjf(n>ii,r ; net/ife enini coinpositiini est nist « (irjf/re(/((ftft/i siniplitimn. » Mais cet enthymème est évidemment un paralogisme, une erreur de l'espèce connue en logique sous le nomd'('/vr^//'.N de relatif supitriniê. L'existence de substances composées prouve certainement l'existence de parties composantes qui, relativetnent à cette substtutte, sont sim[)les. Mais elle ne prouve rien quant à la simplicité de ces parties en elles-mêmes ». Nous devons remarquer d'abord que les mots : substances absolument sim/fles, employés par M. Stallo, ne sont pas applicables à la monade leibnitienne, qui est un composé de qualités ; et,

1. « n faut (jut' les monades aient (iuel(iues qualités, autrement ce ne seraient pas même des iMrcs » (Leibniz. Monadolorjie, vin).

« La (luanlité redouble et multiplie lètre. mais elle ne le constitue k aucun degré. Elle le suj)pose. Car létre consiste dans (pichpie chose de distingué i\\\\ otTre une matière à l'entendement : et la (piantilé, en ellemême, ne comporte rien de tel. Seule, la f/uaiité cm dénomination intrin- .sè(iue peut fonder lètre. ainsi délini : et la «pialité n'est vraiment telle (luautant (lu'elle consiste dans l'action spirituelle, ou tendance à la perception distincte » (E. Uoulrou.x. Leibniz, La monadolofjie publiée d'après- les tnanuscrits. p. 144 et 4:V).

C'est la (piantité (pii est exclue de la monade, comme le m(.t le dit : la composition cpiantitative. exclue de l'être simple: mais la multiplicité et le changement, cpiant k la cpialité, appartiennent à la monade et la disliiif/uenl.

ÉTUDE SUR LA PERCEi'TION KT LA FOHCK

de Aiit, V((h^nhn)}i'nt sunjtlc est un tonne qui u'a pas de sens {)uis(|ue Ir sujet dont il serait le prédicat n adniil. aucune définition. Passons niainliMiant à Tarnu nient. Le vice de raroumenl de M. Slallo consiste à entendre en un sens absolu Taltiibut desinij)licilé, (lon( [AMbniz ne s'occupe pas, que Leil)niz applique seulement à la substance en tarit qu'il doit y ena\oir de simples, — des substances simples qui sont des parties des substances composées.

Il ne s'agMt pas dun F'aj)[)ort de compoMiioiMjuclconque, dans la proposition de Leibniz, mais d'un rapport de quantité, d'un rapporl du tout à ses parlies (jii'il implique, a 11 faut, a écrit LtMl>niz', qu'il \ ait des suhstdnci's simple puisqu'il y a des comj)os('s; car le compos'» n'est autre chose ipéun amas ou a(/f/rv(jalmn des simplvs. — C)r, là où il n'v a point de parties, il n'v a ni étendue, ni fiuure, ni divisibilité possible. Et ces Monades sont les véritables Atomes de la Xature et en un mot les éléments desclioses ». Et qu'est-ce qu'une monade, et (ju'est-ce (ju'étre simple? Leil>niz l'a dit non moins clairement : » La moujule n'est autre chose cpi'une substance simple, qui entre dans les comj)Osés ; simple, cest-à-dii'e sans j)arties ». C'est toujours de la composition en quantité (pi'il s'an-it et de la substance, c'esl-à-dire de l'être.

Il est très vrai (pie, dans une proj)osition i>énôrale telle que : Vcnstmir ilu < nntposr unpUniu' ici lsIcuci' du sunidv, le principe de rehitivité exig-e du logicien (ju'il entende que les deux termes : le coinpnsè (A Ir simplr^ sont correlatils, et qu'en lui-même le secund, comme le premier, doit sedéfinir par des relations ef. par conséquent, être compost' à d'autres égards (pieu .sa rulalion avec le premier, dont il est un élément de composition. Mais il est taux que la proposition de Leibniz : Vriixlencv des suhsUmccs composées u/ijdif/ue iU'jriste/tce des sidjsia/ices

1. U'ibniz. MonadoLoyie, MIL CVst le texte franvais, texte original de l'auteur.

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simples^ nous présente l' « erreur du relatif supprimé », comme le dit M. Stallo, parce que les deux termes ont un sens bien déterminé, le sens leibiiitien de substance, ou être, j)Ourvu de quîdités mentales; que la simplicité est définie par l'absence de j)arties, et qu'enfin l'absence de parties n'est point la négation de toutes relations.

Xous ne savons quelles raisons ont, au fond, guidé Stallo dans sa critique (hi principe de Leibniz, mais celle qu'il demande au jirincijie de relativité pour nier les êtres S!m|)les, dans l'acception leibnitienne, n'est certainement pas logique. Pour les alfirmer on a, au contraire, la force du principe de contradiction, apphqué à l'idée de composition. Si les éléments d'un composé, quel qu'il soit, étaient eux-mêmes des com[)osés, et ces composés des composés à leur tour, et cela sans fin, il faudrait que chacun de ces termes, composants et com|)osés, fut un composé infini actuel^ ce (pii ne se peut, parce que le concept d'une division dont la lin est à la fois (il Ici nie en fait et, par définition, impassUde à (it teindre^ est ce qui s'appelle un concej)t contradictoire in lerminis. La contradiction n'arrête pas tous les penseurs; elle n'a pas arrêté Leibniz luimême, en une autre et de ses plus importantes propositions; mais le devoir incombe à tous de la regarder en face et de bien s'en expliquer avec eux-mêmes et avec le puldic. C'est cependant ce qu'ils font rarement.

Le piiiicipe de relativité, tel que Stallo le comprend, est certainement remj)irisme, et non pas simjjlemenl la négati(jn des conce|)ts (pii ne seraient [KMut des relations ; car le sens en parait (A\v à s(^s yeux, que l'entendement ne doit envisager de rapj>orts que ceux dont les deux termes sont domiés, ou tout au moins accessibles à l'expérience. Si l'interprétation du principe ainsi entendu ne s'arrête pas à l'empiiisme, et à la simple déclaration d'agnosticisme pour ce qui dépasse le domaine dé la science, elle oblige le jienseur à emjjrasser un infinitisme nette-

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ment doo-maliquo. E.i eiïet, s'il nVst pas vrai que Texistence du composé impli(iue rexislence du simple, dans le sens que nous avons éclairci d'après Leibniz, il faut ({ue les parties du composé étant elles-mêmes composées de parties sans fm, l'univers et chaque partie de l'univers soient des infinis réels. Le même princi[)e, avec la même interprétation, appliqué à la succession des causes rétrogradant dans le passé conduit ce penseur, tout à l'heure em|)iriste, à quelqu'une de ces philosophies panthéistes, comme on les nomme, qui sont bien éloignées de son point

de départ.

Xous devons entendre le principe de relativité, qui sans cela démentirait le principe de contradiction, dans cet autre sens : que la suite des rapports, considérés dans l'ordre de la réalité, doit toujours se tei^miner à un terme ou donné, ou convu, pour h^quel la relation se po.-.e dans un sens et prend (in dans l'autre, où il s'arrête. Ce tei*me d'arrêt est un terme premier, si l'ordre des rap[)orts est ascendant; un terme dernier, si cet ordre est descendant. Nous disons la suite des rapports cnnsh/nr. f/ans rordre de la rra/llr, l)arce qu'il doit être entendu cpie les termes sont constitués par des phénomènes réels, di-^tincts les uns des autres, et nombrables. Autrement le principe de contradiction n'interdirait nullement la divisibilité indéfinie, telle que l'exigent notamment les idues géomcHriques. La continuité, dans l'étendue ou dans le temps, est un pur concept, dont le sujet est idéal et ne porte que sur- U^s possibles. Ce sont ces possibles de la division et de la numération qui, comme tels, et pour l'eiitendrmcnl n'admettent pas de fin, mais qui ne [)euvent s'actualiser ciuautant qu'ils se terminent à des sommes faites d'unités. Le concept de la quantité continue est un concept de parties et de divisions possibles. On y introduit le nombre en y portant, pour la multiplication ou la division, une unité arl)itraire, de la même nature, et la grandeur de cette unité n'est dès

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