‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 194 sur 211 · LE PRLNGIPE DE RELATIVITÉ DANS LA PHYSIQUE · texte numérisé non relu

LE PRLNGIPE DE RELATIVITÉ DANS LA PHYSIQUE

lors elle-même qu'un possible, en sorte qu'elle reste nécessairement indéterminée, et que Vi/H/r/i/n ne peut jamais devenir ïi/f/inl actuel , Et si la quantité est discontinue, formée d'unités concrètes, réelles et distinctes, telles que les présente l'ordre des phénomènes déterminés et toujours nombrables de la nature, les ensembles que ces unités composent sont toujours, soit qu'on les considère dans le présent ou dans le passé, des sommes déterminées au moment et dans les heux où on les envisage; et les sommes déterminées d'objets individuels réels sont des nombres.

La logi(|ue de la quantité exigeant ainsi, que toute composition d'unités réelles et distinctes s\arrête à un certain nombre, il faut (jue le principe de relativité s'accorde avec cette logique dont le sujet est une branche de relations. Et en elîet, soit qu'il s'agisse de la composition du tout donné en ses parties, ou de celle des phénomènes successifs qui forment un processus dans le temps passé, la notion du terme ultime est non seulement bien définissable, mais encore imposée par la notion de composition ellemême. Dans le premier cas, elle s'échapperait par la fuite indéfinie des parties composantes, et s'évanouirait dans la somme infinie, contradictoire en soi. La substance con> posée, l'être complexe, le corps seraient sans éléments concevables. Au contraire, Texistence du terme limite de la division se convoit clairement, en conformité avec le princij)e de relativité, par son rapport au tout des parties, et comme devant être lui-même sans parties en vertu du concept. Il tire de ce rapport une définition dont les termes résultent, bien ou mal déduits, qu'ils soient d'ailleurs, de Félude du composé. C'est l'objet, en physique, des systèmes atomistiques et de la doctrine des forces ou monades. Dans le second cas, le cas de l'enchaînement des causes ou conditions des phénomènes remontant dans le passé, l'hypothèse du procès à l'infini annihile, par son apphcacalion au tout de ces phénomènes, la notion môme de eau-

492 ÉTUDE SUR LA PERCEPTION ET LA FORCE

salité qui en est cependant la matière. Le monde en son ensemble ne peut [)lus être conçu comme ayant une cause. L^dée de sa cause fait place f\ celle de son inlinilr, et, au lieu du premier terme, cause non causée, on a ruiiiinté sans cause dos t(n-mes successivement causrs, qui n^est pas seulement inconcevable, mais contradictoire. Le premier terme, au contraire, posé en vertu du principe de relativité, qui e\i«»e que tout ce qui est intelligible soit une relation, se détinit [)ar son rapport à Tensemble des phénomènes qui en dépendent, con l'or même nt à la nature de ces phénomènes.

CIIAIMTUE XLV

LES MONADES ET LDAKMOME 1>RÉÉTAP.LIE DANS LE MONDE PHVSlOlE

Notre critique et nos analyses des notions de matière et de force, dans la science, comme celles des i(h'(^s de la matière et des théories de la perception externe en psychologie, nous mènent à la doctrine des monades. Le concept de la monade est le seul qui donne un fondement clairement intelligible aux forces attractives et répulsives, sous Faspect desquelles le monde mécanique et |)hysique est nécessairement envisagé par la science. La force en tant que cause du mouvement ne peut avoir j)0ur siège (si ce nest à Taide d'une abstraction et d'une convention) le point nuit nid, parce cjue l'idée du point matériel est ridée d'un composé, et que Torigine du mouven»ent dans le composé demeurerait en problème; et le />«>//// (jcuniètrique dont le concept est exclusivement local, avec Tacceptation de limite, ne peut rei)résentcr d'une force que le

LA MONAI)0LO(;iE DANS LE MONDE PHYSIQUE 493

point d'apjdication. D'une autre part, l'espace et les étendues partielles sont ou des modes d'intuition, ou des rapports de quantité et de mesure, qui n'impliquent ni le mouvement ni la force ; c'est le mouvement qui les implique, mais qui leur est, quel qu'il soit, indifférent dans sa détermination, tandis que ce qui détermine le mouvement, la direction du mouvement, sa vitesse, sont l'Ojirésentés comme des dépendances de la force, dont il n'v a que la volont('' ou le désir, /jfodes drtre mentaux, qui expriment l'idée en tant (juc cause originelle intelligible.

On demande alors quels rapports se peuvent concevoir entre ces modes d'être mentaux et les mouvements c[ui se produisent dans l'espace et le temps, comme leur conséquence, ou qui, aussi bien, peuvent les précéder et les avoir pour conséquence ; et c'est la question qui s'est présentée [)artout à nous, dans le cours de notre étude de la perception et du mouvement volontaire. Elle a pour unique réponse le principe de relativité, dont c'est ici le moment d'intervenir utilement, après que l'essence de l'être ultime a été reconnue pai* son ap[)lication en quelque sorte unilatérale, dans l'allirmalion de la conscience, être et fondem(M)t de toutes les relations possibles, siège unique et certain dv rexistence. La réponse à la question : Quel ra/fport ? doit être une tautologie : Le ra/jport de causalité. 11 n'existe pas un seul cas d'application de la notion de cause, quand le rapport de la cause à l'effet est immédiat pour notre expérience, oii il soit possible de concevoir entre lantécédent et le conséquent un intermédiaire supposable qui explicpierait le |.hénomène, y ajouterait quelque chose. Ou bien il s'agit d'un fait formel de désir ou de volonté cliez l'animal, fait immédiatement suivi d'un autre fait, qui est un mouvement correspondant de l'organe, et nous ne pouvons saisir entre les deux qu'un troisième fait : le fait même de leur rapport. Ou bien c'est un lien que

KTUDt: SUR LA PERCEPTION ET LA FORCE

nous observons constamment entre deux phrnomènes naturels réduits à leur plus simple expression, et dont Tun suit Taulre immédiatement, si touU'>i choses sont rf/ah's (iaUletirs ; et ce cas est celui fjue Tanalyse de Hume a réduit irréfutablement, pour notre connaissance empirique, au fait de la srquvncv invariiihU', Mais ce fait, c'est le rapport de causalité, qui répond à un concept fondamental de l'entendement : pouvoir et force que Hume a eu le tort de méconnaître.

Les cas où la séquence n'est pas immédiate sont ceux où les causes sont multiples et complexes, ou éloignées, ou l'un et l'autre à la (bis. Ce dernier cas est le plus commun. Les causes, que nous ne faisons alors que supposer, ne pouvant être démêlées ou claii'ement définies, se classent, à notre point de vue, comme des conditions d'existence ou de production pour les phénomènes que nous observons. Mais nous devons, afin de faire droit à l'inaliénable concej)t de causalité, imaginer, pour le rapport de l'antécédent au conséquent, partout où notre pensée se reporte aux origines des faits observés, quelque chose d'analogue à la volonté, fondement unique de la notion, et, par suite, une connexion sut (jc/irrls qui appar-lient à l'ordre de la

nature.

Nul rapport de cause à effet dans le monde n'est autrement pénéli'able. La nature entière constituée par la communication du mouvement, et [)ar la connexion des mouvements et des changements de toutes h^< esjièces, depuis les êtres inorganiques jusqu'à ceux qui vivent et à ceux qui pensent, n'est (pie la série et la somme des rapports de cause à effet. C'est donc à un degré plus éminent en quelque sorte que les autres concepts universels, ou catégories, que la loi de causalité est la loi de la nature. Quoi d'étonnant que l'intelligence que nous avons de la Cause n'obtienne pas pour nous plus d'exphcalion que nous n'en possédons de l'Existence! C'est la loi de causalité, proprement.

Page 1