‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 23 sur 211 · OBJET RATIONNEL DE LA CREATION · texte numérisé non relu

OBJET RATIONNEL DE LA CREATION

sant, l'idée de personnes moralement et intellectuellement plus parfaites, et, en les supposant élevées à l'entière perfection, l'idée de la personne suprême.

L'homme, en l'état primitif où, suivant notre hypolhèsi^ il fut constitué par le créateur, est essentiellement Têtre par rapport auquel il nous est donné d(^ spéculer sur l'origine et les fins de notre monde, au point de vue moral. Nous n'avons nulleriienl i)esoin d'imaginer })oui* cela que l'univers ait été créé exclusivement pour les fins de l'homme, comme on fait à des penseurs (pi'on appelh^ anlJtropoceii' Unsles le repi'oche de le j)rétendre ; mais nous avons le droit, et nous sommes d'ailleurs forcés, faute d'en pouvoir approfondir d'autres, de spéculer sur ces seules fins. L'idée (pi'elles existiMit nous est naturelle, et si nous ne la regardons pas conmie illusoire, leur interprétation par le pusUdat de la perfection du Créateur nous oblige à tenir la création poui* bonne en ce (jui touche notre destinée. Il faut donc (|ue Thonmie ait été créé et établi par l'acte* créateur, tant en son caractère |)r(>pre qu'eu égard à la nature de son milieu, en des conditions bonnes. C'est au surplus de notre monde ^ que nous entendons parler ici. Il est vaste, car lasoli(Uu*it('' pliysique de ses {)arties nous oblige à lui supposeï* tout au moins l'étendue du s\stème solaire, mais il est petit comparativement à l'univers, dans lequel peuvent trouver [)lace autant d'autres créations cju'on en pi'ut imaginer, indépendantes de Thomm(% si l'anthropocentrisme parait une conception trop orgueilleuse.

CUAPITUE Vlil

CONDITIONS CÉNÉIIALES D'UN MONDE PAllFAIT

Le monde « sortant des mains de l'Auteur des choses », comme ne craint pas de s'exprimer Rousseau, et adapté,

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nous le supposons, aux besoins, aux facultés et à la destinée normale des êtres vivants devait réunir deux propriétés qui épuisent le contenu de l'idée du l)ien : Tune concerne les satisfactions de l'individu sensible, considéré dans ses rapports avec lui-même, Tautre les rapports des êtres entre eux et la loi de ces ra|)porls. L'une est le bonheur, l'autre la justice.

Le bonheur est Tétat de la créature (pii, olx'^issant spontanément à toutes srs impulsions mentales, n'é[)rouve jamais que des émotions ag*réables, ignore la |)eine et ne* rencontre aucune résistance à Texercice de ses facultés et à la satisfaction de ses désirs.

La justice est double, objective et subjective ; et le bonheur en exig(» la donnée, rol)servati(m, la conservation.

La justice objective est un ordre de la nature tel, que toutes ses parties, en toutes leui's uîodifications, soient adaptées aux fonctions des êtres organisés, vivants, tant de ceux qui agissent par le ressort de la pure spontanéité, que de ceuxcjui, capables de rélléchir* et (h* df'libi'i'er. j)(Mivcnt ne pas s'écarter des principes de la justice subjective.

La justice sid3Jective est un ordiT mental diiïéi-ent de Tordre intellectuel, ou entendement, et aucjuel convient le nom de raison morale, qui oblige les agents moraux à la reconnaissance de certaines lois de la vol<>nt<'' i t do Faction dont l'observance est nécessaire : non pas en soi, et de manière que l'agent ne s'y puisse matériellement soustraire, mais afin que ses actes ne soient point contiaires à l'exercice des fonctions normales des autres êtres. La juslice subjective comporte donc une limitation mutuelle des actes des agents moraux. Elle entraîne par là même des devoirs actifs de ces agents les uns vis-à-vis des autres, parce que, dans une société, c'est nuire que de ne point aider.

La justice subjective est la justice proprement dite. La

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