‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 25 sur 211 · CONDITION DE JL'STICK · texte numérisé non relu

CONDITION DE JL'STICK

LilYPOTflESE DE LA CHUTE

Opinion qu'on s'en forme d'ailleurs, est loin fr<'\'r'Iuro la possibilité d'une harmonie enlièn^ des choses. Les monades, d'après lui, auraient toutes reçu du Créateur, par une anticipation éternelle de leurs destinées futures, le don d'évoluer, par l'expansion de leur aetivilé spontîuiée, de telle façon que tous leurs actes ou états, prédéterminils pour toute la suite des temps, fussent en outi'e préordonnés h'S uns par rapport aux autres. La causalité de tous les effets est le simple résultat de cette coordination, chaque monade n'agissant jamais (pic par le fait de ses propres sentiments internes, et ne pouvant sortir d'(*lle-méme. La puissance du Créateur pour la constitution d'un tel système de l'univers est, pour notre esprit, la même idée que sapossibilité logique, et il sulïil que sa conceplion n'imj)li(pic rien de contradictoire. Si donc le Créateur est juste et bon, et il l'est par hy[)olhèse, ou par définition, il a du composer les svntlièses de monades dont il a fait la nature, établir les lois des mouvements des consciences, réuler les désirs et les entendements de tous les degrés, fixer enfin les rapports de détermination mutuels, en telle sorte qu'il ne put jamais exister que d("s êtres bons et heureux.

Ni le spectacle des misères de notre monde, ni le dogme du péché originel ne touchaient Leibniz. Le péché ne pouvait prendre, dans sa doctrine, une place sérieuse ; car le monde actuel ne pouvait y différer du monde créé, un seul monde ayant été éternellement prédestiné à Tétr-e avec tous ses phénomènes composants, enchaînés et prédéterminés dans les conseils divins: et celui-là était assez bon puisqu'il était le meilleur possible de tous ceux, en nombre infiniment infini, que Dieu avait pu penser. Etre bon ou être le meilleur possible, ce n'est pourtant pas la même chose, mais la nécessité était là : le mal, au din' de Leibniz, n'est qu'une privation^ et, sans celte privation, le monde eût été adéquat au Créateur, qui seul est parfait. Ici la théorie échoue devant les faits : la douleur est quelque

chose d'autre encore que la privation de quelque chose, et la douleur est dans le monde. Le monde pourrait d'ailleurs être parfait connue créature, c'est-à-dire accompli en tant qu'ordre juste et bon des relations des êtres créés, et rester imparfait en ce sens qu'il n'atteint ni lui-même, ni en aucune de ses parties, l'intégrité de la puissance et de la connaissance, attributs du Créateur. C'est la conception fausse du IKirfait qui a trompé le grand philosophe, c'est la confusion du parfait avec V infini, qui en est le contradictoire, puisqu'il est Yirrc))n''(iiahl('nwnt bnparfail ; et l'idée propre d'un monde, synthèse finie, intégrale des relations déterminées d'un ordre de créatures lui a échappé.

L'ne hypothèse vraiment positive de l'entrée du mal dans le monde, parce que seule elle est conforme à la fois au principe de relativité et à l'idée d'une origine possible du mal physique, c'est celle qui, dépouillant de ses traits fabuleux, la doctrine symbolicjue ou légendaire du péché originel, fixe hardiment la chute de l'humanité, comme événement réel, à une époque antérieure à l'état physique actuel du système solaire. Les choses de Texpérience actuelle peuvent n'être qu(^ la suite donnée par les lois les plus générales de la création à Tordre premier de la nature, que ces lois avaient institué, et dont la destruction fut elle-même la conséquence de la période la société humaine j)i*imitive. La contemplation philosoj)hique du monde actuel, si nous n'avions pas une habitude invétérée du rèu'ne du mal dans la nature et dans l'histoire universelle des forces et de la vie, ne serait pas faite pour nous donner à penser que notre habitation présente est quelque autre chose qu'un amas de ruines.

LA LOI DU MONDi: ACTUbX

CHAPITRK IX

L'KÏAT ACTUEL ET L'ÉTAT PKIMITIU DE LIIOMME

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