CARACTÈRE PSYCHOLOGIQUE DU PÉCHÉ
férer le bien personnel à Tuniversel. Mais c'est là seulement un vice acquis et passé en liabilude sous Tempire social du péché, tandis que la passion d'usurpation et de conquête est plutôt celle qui a dû tenir la plus grande place dans les phénomènes sociaux subversifs, à l'origine, de môme qu'elle est restée le mobile éclatant des yriutds hommes de Faction violente, à toutes les époques. Peutêtre le terme iVorr/ueil, et, mieux, iVo/'f/ueU de la cir, en usage dans la théologie morale, est-il le plus heuivusement trouvé pour désigner l'état d'ame de l'homme qui, enivré du sentiment de son moi, refuse de porter le joug de Taltruisme, môme sous la forme de raison, et ne peut s'y soustraire qu'en pliant toutes choses à son vouloir.
Le principe de l'envie et de la révolte contre l'autorité, le môme, en lui paraissant op})Osé, que celui de la tyrannie, a peut-être été mieux compris des anciens mythologues que des psychologues modernes. Ils ont traduit dans leurs récits le sentiment de haine contre les puissances insurmontables, sentiment naturel dans le cœur de ceux (jui pourraient tout aussi bien s'être trouvés, il le leur semble, les heureux possesseurs de cette situation souveraine. (]'est ce qui ressort des légendes dans lesquelles s'énoncent plus ou moins clairement des accusations contre les dieux, ou certaines rivalités de la part des hommes. C'est que l'anthropomorphisme passionnel met entre les uns et les autres une similitude avec laquelle le pouvoir absolu des premiers est hors de proportion. D'un coté, la piétc' porterait le poète à condamner la révolte ; mais, de l'autre, le double aspect de la divinité, à la fois anthropomorphe et assimilée aux forces naturelles, souvent sans raison et malfaisantes, peut la lui présenter comme du genre des pou\ oirs humains arbitraires et tyranniques.