LE PROBLÈME DES GERMES STÉRILES
le métaphysicien, n'a que la notion de puissance (forces ou qualités virtuelles) et l'idée d'harmonie à invoquer pour l'explication de phénomènes dont il ne connaît que des rappoi'ts de faits, immédiatement observables. En renonçant à suivre la donnée de la puissance organisatrice dans les générations antécédentes, où, visiblement, elle remonte, le physiologiste se trouve en face de la création d'un individu par l'interaction et l'ajustement de certaines molécules du corps d'un autre individu — sous la réserve d'on ne sait quel apport d'action des spermatozoaires, — et il a la prétention d'expliquer la formation progressive de l'embryon à l'aide de propriétés biologiques spéciales des éléments, dont rien n'est connu, ou par des propriétés physico-chimiques supposées, qui ne sont pas assez définies pour rendre compte de l'évolution vitale du moindre organe. C'est là du matérialisme auquel tous les matériaux manquent, et qui ne peut être qu'intentionnel.
La question une fois posée dans le sens de notre hypothèse, il nous reste à essayer de comprendre comment les personnes du monde primitif peuvent être amenées par leurs germes à l'existence dans le monde actuel, alors que la plus grande partie des germes humains sensibles, les ovules, périssent et n'arrivent pas à se développer. Ils ont traversé, de génération en génération, une suite de matrices animales remontant jusqu'à des ovaires d'espèces dont les individus ont pu naître et s'élever sans assistance de parents, puisque l'individu humain ne le saurait; ils ont éprouvé, dans ce déroulement de vies, les révolutions physiques qui ont fait, à certains moments, apparaître les enveloppes avec lesquelles ont émergé diverses espèces, et, à la fin, les caractères spécifiques de la personne humaine. Ils se sont multipliés, dans la suite des générations