LA PKRSO.NNE EN RAPPORT AVEC LORDRE SOCIAL
phique pure (VllI-ÏX) ; car il n'y a pas de société possible, si ce n'est qu'elle soit purement instinctive et invariable, comme cliez certains animaux, qui ne suppose un certain sentiment de la lui morjde, ime certaine notion des obh- (vations des associés. Examinons donc, dans leur plus o-rande oénéralité, les conditions faites à l'homme ])ar son caractère passionnel à l'éo-ard de cette loi morale, alors que se pose pour lui la question de vivre en société avec dos semblal)les.
Le sujet est dominé, puisque cVst de l'iiomme déchu qu'il s\ii;it. par la contradiction de l'homme individuel et de l'homme social. Xous reconnaissons en ce point l'antinomie si bien nommée j)ar Kant Yinsoriahlf soctahd'iti' : contradiction apparente, mais correctif nécessaire apportéà l'une des communes qualifications de l'homme, animal soc'whli'. Le problème est à la l'igMieur insoluble, de faire passer l'être individuel, dont les mobiles sont principalement indi\i(luels aussi, à l'état de l'homme social, pourvu dos qualités requises pour le service de la société; et c'est à lui-même, à l'individu, qu'on demande de subordonner lo^ ^satisfactions, qui pouri'aient être à sa portée, de ses besoins et de ses désirs propres, à l'utilité du corps social, laquelle peut lui paraître, i)Our lui individuellement, une utilité faible, et cela encore, sans én^ard à ses liens particuliers d'amitié et de sympathie (XII).
Le principe du Lrria//fa/i, hypothèse du jM^mitif état de «nierrc eiUre les liommes, est faux, parce que Hobbes exclut de sa donnée psycholo<>*ique, outre les passions esthétiques et sympathi<pies. tout concept dY'galité et de justice qui a pu appartenir* ori<;inairement à la nature humaine et se manifester là où les conditions matérielles de la vie ont été favorables aux premières familles. Hobbes a vu, grâce à une sorte d'al)straction dans le sens du mal, la « guerre de tous contre tous », suite du «droit naturel de chacun sur toutes choses », la « haii e de l'égalité », chacun « juge
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de soi-même » et « enclin à ntlarjuer et à provoriucr les autres ». Mais ni la guerre n'a été naturelle, ni la paix ne Ta été et n'a pu, dans le sens sérieux el pi-ofond du mot, être la conséquence du contrat social, de (juel(|U(^ maniéi'e ((u'on l'entende. Ce qui est vrai, ce qu'on peut accorder, et ce qui conserve le fondement du i^rand fait iHunaiii de la o'ucrre, c'est que la <^ucn\^ i\ dû, dv:^ luiigine, éti'e ce qu'elle est encore, ce qu'on Ta toujours vu(\ nous voulons dire en puissducp (htran/ la ptiix : (jue toujours elle s'est déclarée entre des groupes sociaux, grands ou petits, quels qu'ils fiissenf, qui laisaient suite aux lamilles, et dans les familles elles-mêmes, alors que désintérêts rivaux ou des |)assions rivales faisaient naître des haines et suggéraient l'emploi de tous les moyens par lesquels les hommes se peuvent assujélir les uns aux autres.
La fondation des sociétés régulières, c'est-à-dire dans lesquelles une part de raison et de convention entrait avec une grande part de coutume (Ha!)lie, n'a nullemiMil mis fin à la guerre, ni entre des groupe-, (jui se sé})araienl [)res(pic toujours pour s'opposer, ni dans Tintérieur des grouj)es, où elle s'amendait et se Iraiisformaif, dimimiait en intensité, mais subsistait toujours. r(^|)r('sentée par des luttes d'intérêts individuels, d'intérêts de classe et d'and)ilions de u'ouverner. On peut, en partant d'un étal diMiature analogue à celui que Hobbes envisageait, mais psychologiquement reclin<''. trouver la place d'un certain contrat social impliqué dans res|)rit humain j)rimitif et (jui ne dill'ère pas en dernière analyse de celui qui est encore aujourd'hui le soutien de toute société constituée. La divergence pratique des idées, des vues et des opinions sur tout objet que des hommes se peuvent proposer en commun est un fait universel qui nécessite, pour l'exécution ou pour la chjcision, le clioix d'un directeur, d'un chef, d'un arbitre. La constitution d'un gouvernement est une œuvre cofnplexe où de très nombreux facteurs interviennent, mais la nature et la