‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 65 sur 211 · LES ANCIENNES SOCIÉTÉS LIBRES · texte numérisé non relu

LES ANCIENNES SOCIÉTÉS LIBRES

était tenu dans la dépendance de Tautre, ses membres étant exclus de certaines fonctions politiques et religieuses, et de la propriété, quoique citoyens, et dévorés par Fusure. Malgré cette fondamentale cause de discorde, de factions et de séditions, qui ne cessa d'agir, ou latente ou déclarée, à rint('rieur des cités antiques, et malgré le continuel état de guerre entre elles, où elles épuisèrent leurs forces et trouvèrent à la fin Textinction de leurs races, la civilisation commence avec elles dans T histoire, si Ton a égard à la signification profonde de ce mot, qui est aussi la seule conforme à son étymologie. Elle implicjue le droit de la personne dans la société, la participation de la personne à rétablissement et au maintien de l'ordre social, la liberté politicjue, la loi consentie, à la j)lace de la coutume qui perpétue indifféi'cmment le bien et le mal. ]^]lle signifie donc l'application de la raison à la vie humaine, pour autant que la vie individuelle doit être régie pour une fin commune, et elle embrasse, grâce à Textension du même esprit rationnel aux autres poursuites intellectuelles de rhonmi(% le culte de la science et de Tart, la philosophie, la critique du monde, en quelque sorte, et celle de la société : hunorale et la politique. C'est dire que le développement de la personnalité et la poursuite d'un idéal de la société des hommes libres devaient ou auraient du être la fin de l'œuvre de la civilisation, à mesure qu'elle se serait étendue. Etudions maintenant la nature, les conditions et les modes d'un tel progrès.

La liberté politique étant, par ses applications, une reconnaissance du contrat social, dans le sens où nous en avons exj)li(pié la notion, et une sorte de travail continuel institué pour en formuler, ou en réformer et perfectionner les clauses, qui ne sont autre chose (jue les institutions et les lois d'une cité, d'une république, la capacité morale du citoyen et, plus généralement, l'aptitude de l'homme à juger selon la raison, sont les conditions du progrès dans

'3S Liis ANciiiN.Ni'S socii;ti;s librks

les Etats libres. Or, nous savons que, si la notion du devoir, en son essence et en sa foi'nio, est un enraclère de Ictrè menlal humain, elle varie bcaucouj^daus sesdéterniinalions et dans sa iiialirro, et donne lieu par ses liaisons avec les passioMsj.oiines ou mauvaises, par le conllil des lins (|u"ell(« pose avec celles de ruiililé et du plaisir, à des contra.lictions continuelles, l'n devoir empirique se trouve preseril selon les lieux, les temps, les sujets à r.'-ler, comme un.sorte de résullanle d'intérêts communs, de passions partagées, «ridées conventionnelles, daprés un sentiment qu'on a, et dans lequel on se confirme miiliieilement, sur ce (|ui est bien ou mal dans la conduite de l'individu, eu é<,^^r(l surtout aux eonsé(piences des actes. Tel est toujours, au fond, le motif bien ou mal enten.lu d'une couluuie. L'idé,' <|J devoir ain-i compris est tn^s impérieuse dans les .sociél.'s exclusivement ré-ics par la coutume : elle se modifie dans les sociétés .,ù régne un ord.v L^aj, .selon cpie les li„mmes reconnaisseni plus ou moins v.jlontairemei.l l'empire des lois en vigueur, en souhaitent et en poursmvent par des moyens, légitimes ou non, le mainlien ou la réforme. D'une part, il existe alors, dans les e.spi'ils. quoi(|uc très iné^^alement partagée, une idée du juste et de l'injuste, indépendante des intérêts particuliers ; mais, dune autre part, les questions (pii les passionnent le pl.is dans les déî.als ouverts sur les mesures Législatives (les cousiitulions et les réformes^ sont celles qui touchent ces intérêts, et .pii les divisent le plus. ( Juand une soeiét.' retombe de la libe!'!,'dans le despotisme, c'est ordinairement que les citoyens ont échoué dans la poursuite d'un régime de justice odieux aux plus puissants, mal compris du plus grand nombre, et dont la revendi.-afion par des honnncs ardents fait craindre l'anarchie aux homm.-s paisibles. La paix troublée se rétabli! par le retour à la coutume sous l'autorité d'un seul.

, Il faut distinguer, dans la considération du mouvement

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