‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 68 sur 211 · LKS GÉNIES ET LE PROGRÈS SOCIAL · texte numérisé non relu

LKS GÉNIES ET LE PROGRÈS SOCIAL

formes à celles qui sont renies dans ce milieu. Le caractère natif de Tindividu a donc à se plier, et ses notions naturelles ont à s'altérer plus ou moins, pour s'accommoder aux exio'cnccs ambiantes.

Le principe de Féducalion, — quoique on prétende, en une société donnée, lui en reconnaître un plus absolu, — est le conformisme. Son l)ut et son plus commun résultat est Tadaptation de la personne à l'esprit et aux pralicpiesdu milieu. Il faut seulement distinguei-, dans cette idée générale de Féducalion, la |)art d'acfion que TÉtat quel (pFil soit réclame, et (pf il exerce par Técole, la loi et les tribunaux, d'avec celle qui revient nécessairement à Tensein^nement de Texpérience, aux exemples de conduite que donnent les hommes, aux maximes courantes dans le monde, enfin aux fréquentations, dont décide souvent le hasard. Les États modernes renferment, dans le milieu commun, des milieux particuliers inadaptés, (pie rédncalion j)ublique n'atteint pas, où régnent des mœurs et des maximes contraires à Tordre oiïiciel, ou même entièrement subversives de tout ordre social. De là, pour le bien ou [)Our le mal, selon les rencontres, les écarts du conformisme et les obstacles à l'adaptation des individus.

Les rebelles, pour revenir maintenant à notre classification, sont ceux des hommes dont le caractère natif, modifié par les circonstances, s'est développé d'une manière décisive dans le sens de l'éloignoment des devoirs sociaux, tels qu'on Tes entend selon les idées régnantes. Cet éloi- Q-nement est de deux o'onres fort différents.

Le rebelle proprement dit est l'insoumis ou le révolté, non qu'il juge ou soit capable de juger de l'ordre établi, et des droits que cet ordre lui refuse peut-être, mais parce que son égoïsme et ses vices, dont les plus communs en pareil cas sont la paresse et l'ardeur de jouir sans acheter la jouissance, lui rendent odieux les services que la société attend de l'individu en échange des biens qu'elle lui

assure. La violence ou la ruse sont les seuls moyens de vivre de celui qui refuse le travail. Il devient donc un malfaiteur pour la société. Ou, si l'homme de ce caractère se trouve riche de naissance et peut n'être qu'un oisif, il ne vit pas moins aux dépens d'autrui, dans le fond, et la société ne pourrait subsister si elle ne se composait que de ses pareils, puisque elle ne vit que du travail de ses membres.

L'autre sorte de rebelles se compose des hommes qui n'ont point, en général, d'autres idées sur la vie et le devoir, ou d'autres goûts que les plus ordinaires d'entre les adaptés, mais que des passions d'ordre commun et les circonstances ou la misère portent à des actions criminelles, et [)lacent dans une situation analogue à celle des précédents envers une justice pénale positive. Ni l'étendue ni l'espèce de la responsabilité n'est la même des deux cotés. Ce n'est point une question à examiner ici. Ce qu'il y a à dire, c'est que, de ces deux classes d'individus qui sont ou deviennent des inadaptés pour elle, les sociétés dont on vante le plus les progrès ne réussissent ni à se délivrer de la première, ni à prendre, à l'égard de ceux qui tombent dans la seconde, des mesures qu'on puisse nommer efficaces et justes pour eux et pour elles-mêmes. Et ces derniers deviennent, comme les autres, des rebelles.

Parallèlement à ces rebelles, mais en sens inverse quant aux motifs de leur opposition à Tordre social établi, viennent les génies que leurs caractères natifs y rendent relativement inadaptables, non pour cause d'infirmité morale, ou défaut de sociabilité, Tùn de là, mais parce que cette société emj)ir'ique où la naissance les fait entrer les heurte en ce qu'elle a de contraire à la justice et au bien. Si les lois et les conditions de ce milieu social étaient eompati-

Renoivieu. — Le Poisonnalisme. Il

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