‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 71 sur 211 · LA CONSERVATION SOCIALE · texte numérisé non relu

LA CONSERVATION SOCIALE

force de conservation sociale. L'homme n'étant pas, à un degré siiHisant, agent original de justice et de bonté, doit être agent de coutume, sous peine de devenir entièrement insociable. C'est là une condition misérable de Thumanité, une sorte d'esclavage de l'individu et une suite de son infirmité morale.

Il importe d'observer que l'œuvre de conservation est à double sens. S'il s'exerce constamment pour l'aire obstacle aux innovations, soit justes en soi, mais que des passions intéressées repoussent comme contraires à l'ordre, soit avantageuses pour l'avenir, mais qui imposeraient des sacrifices actuels, l'esprit conservateur maintient, d'une autre part, la résistance aux entraînements passionnels auxquels les peui)]es sont sujets (juand ils cèdent au prestio-e de certains oénics oro-ueillcux et dominateurs, lout ceci pourtant n'est a|)plicable qu'aux sociétés qui disposent plus ou moins d'elles-mêmes, tandis que la plus grande partie de riiistoire est pour ainsi dire occupée par des États dans lesquels la conservation ne diiïèi'e pas de la pure passivité de la coutume, tandis que les révolutions politiques s'y produisent exclusivement dans une sj)hère d'ambitions et de compétitions de princes qui touchent peu, dans leurs crovances et dans leurs mœurs, les peuples dont ils ne sont connus que par la nécessité de payer l'inqMjt

et de servir.

On peut juger de la puissance de conservation passive de ces États, quand ils entrent en décadenee et ne peuvent plus d'eux-mêmes se régénérer, pai* la condition actuelle de deux nations très considérables, matériellement très vivantes, dont les origines, qui remontent plus haut que nos connaissances historiques positives, et n'ont entre elles nul rapport, ont été bien certainement constituées par des

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