LA CONSERVATION SOCIALE
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œuvres de haute initiative et de grande portée religieuse, militaire, sociale. Ces deux races, l'indienne et la chinoise, dont lune est à la lin tombée sous la domination d'un peuple de civilisation entièrement étrangère à la sienne, et dont l'auti-e se débat dans les convulsions d'une difficile indépendance à garder contre cinq nations mieux armées, n'admettent nul changement dans leurs idées sur le bien et le mal, les puissances célestes,les obligations de l'homme. Elles se croient fidèles à leurs maximes anti(|ucs, devenues lettre morte, et se livrent avec ardeur à des pratiques dont l'esprit ipii les créa s'est envolé ; dont la partie de superstition seule est enracinée. Elles gardent leurs sentiments propres en matière d'autorité morale et subissent l'empire de la force sans se laisser aller à de nouvelles directions de croyance qu'on prétend leur imprimer.
Les missionnaires, voués à l'œuvre ingrate de converlir ces esi)rits très ancrés dans leurs habitudes mentales, ont eux-mêmes l'esprit possédé par des légendes de miracles et par les dogmes d'une métaphysique irrationnelle et bizarre, dont t.nit le fondi'ment est aussi dans une autorité antique et, par conséquent, dans la coutume. Ils observent machinalement des rites pour la conservation desquels beaucoup d'entre eux donneraient leur vie, s'il était question de les leur interdire ; et ils s'exposent, pour les propager, aux supplices et à la mort. A peine peut-on dire que là où ils réussissent, — et ce ne sont que de faibles succès, — à faii'c accepter des infidclc>> des cultes de tradition étrangère pour ceux-ci, et difficilement compris, ils leur conimuniciuent, de cette religion nouvelle, une partie idéale, inspirée par des sentiments d'ordre commun de l'iiumanité, et accessibles à tous les hommes : ceux des sentiments chrétiens qui ont ce caractère sont inséparables du milieu moral où ils ont pris naissance et de celui à travers lecpiel ils se sont perpétués et transformés. Les Hindous et les Chinois convertis par les mis-
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LKS NATIONS IMMOIJiLlSl^KS DANS LA COLlL.Mi:
sionnaircs ne deviennent pas plus des hommes de notre société, ou nos contemporains, qu'ils ne peuvent être les contemporains des hommes auxquels fut, pour la j)remière lois, prêché TEvangile.
A la cause générale de conservation des coutumes, à la puissance des moyens d'adaptation des esprits, dont dispose tout ordre social où la religion, la famille et le pouvoir politique sont fortement constitués, et à ce fait, que la loi des naissances introduit dans la race un nombre prédominant de sujets adaptables, il faut joindre maintenant deux actions exercées pour arrêter Tessor du génie, dès qu'il se manifeste avec des vues inquiétantes j)our les pouvoirs établis. La première est l'intolérance des prêtres, (pii ellemême a sa source dans le vice commun d'intolérance des hommes, et dans l'esprit de domination ; la seconde est celle des princes qui embrassent et d(''f(^n(lent contre toute innovation les formules de foi et de morale (ju'ils jugent les plus autorisées dans leurs Etats, afin d'éviter les troubles qu'engendre la rivalité des sectes et de s'éviter à euxmêmes des difficultés et des dangers, — quand ce n'est pas plus simplement pour imposer à leurs sujets leurs propres croyances. — L'intolérance, a, plusieurs fois, dans les temps modernes, comme dans la liante anticjuité, ap[)orté aux destinées des nations et à la marche générale des idées dans le monde, les déviations les plus importantes et dont les conséquences, portant les unes sur les autres, sont incalculables. Des révolutions rétrogrades, dans les États, sont souvent des sacrifices, mais criminels, faits à la coutume par les puissants, avec la connivence de la partie dominante ou adaptée des populations dont les passions sont animées contre les hommes hardis qui secouent le joug de l'esprit commun. D'elles-mêmes, les nations, à mesure que