LA DÉCADENCE ROMAINE
sages, mais resta toujours à Tétat de sentiment ineiïicace, même au temps des plus grands dangers. A Tintérieur de chaque cité, à Athènes principalement, où se posa de la manière la plus complète et la plus instructive la question du gouvernement démocratique et des droits po[)ulaires, la paix civile et un régime stable demeurèrent le but inaccessible. A Sparte, où tout était sacrifié à l'étabUssement militaire, la vie morale fut nulle ou pire que nulle, et Sparte écrasa Athènes qui, de son coté, pesait durement sur ses colonies ou villes sujettes. La désunion cl ralViublissement des cités préparèrent leur soumission à Alexandre de Macédoine. Ce conquérant put se poser en représentant de l'hellénisme, en son expédition d'Orient, réaction victorieuse contre les entrepr-ises des monarques asiatiques à Tc'poque des guerres médiques.
Si Alexandre, mort à 33 ans, avait assez vfk'u pour revenir en Europe et tourner les armes réunies du monde o-rec contre Rome et contre les nations italiques, encore loin d\Mre soumises à Rome, — et à la fois contre les Carthaginois, — il eut été dans Tordre des possibles que la centralisation de la puissance miUtaire de rUccident s'opérât sur un autre point que Rome. C'est ce double résultat d'hégémonie grecque et decésarisme anticipé que [)Oursuivit le roi d'Épire, Pyrrhus, mais trop tard, h une époque OÙ les anciens lieutenants d'Alexandre, ses successeurs, avaient partout créé des centres de domination rivaux et se disputaient l'influence dans le monde grec. La plus grande vitaUté était à Rome, l'empire de la force devait s'y constituer.
La décadence de la Grèce est un précédent et un diminutif de la décadence romaine qui ne devait commencer que plus tard et préparer l'usurpation de Jules Cœsar. La