‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 80 sur 211 · AMBITION PAPISTE. AMBITIONS IMPÉRIALES · texte numérisé non relu

AMBITION PAPISTE. AMBITIONS IMPÉRIALES

La réforme, reprise tardive, incomplète, mais cette fois moins malheureuse des vieilles libertés albigeoises, donne une physionomie nouvelle aux guerres des pnncps. enfin plus liées aux passions réelles des peuples. Les guerres deviennent gnrrres de rclnjion^ en même temps que poursuivies pour ou contre Thégémonie ambitionnée par celui des princes qui représente les intérêts de la (hsciplinc papiste. Depuis ;)()0 ans, depuis Tépoque ou le Saint Empire Romain, ressuscité avec une sorte de reconnaissance morale de la part des rois, avait [)Oursuivi contre la papauté une lutte prolongée à travers des succès variés, et depuis Tapogée de la puissance de l'Eglise, au xiiT siècle, jusqu'à son ébranlement par la Réforme, au xvi , le plus grand événement d'un intérêt général euroj)éen fut Téchec définitif de la politique de Charles-(^)uint et de Philippe II, et des efforts de ce dernier pour réaliser une monarchie alliée de la théocratie catholique. Cependant on n'n pas le droit d'affirmer, comme le voudrait le postulat (hi |)rogrès, qui a trop de crédit parmi nous, que la question de la civilisation morale soit nettement et profondément changée par les événements des xvii% xyiii*" et xix* siècles, ni en ce qui touche le droit religieux, ni [)our les questions de politique extérieure ou intérieure. Essayons de dé^'oirer les leçons de l'histoire sous ces difîérents rapports, afin de définir la question du progrès universel infaillible, si ce n'est de la résoudre.

La politique extérieure nous ofTre, comme premier fait comparable en importance au précédent, refïbrt militaire ,de la France et la prétention de Louis XIV à Fhégémonie eui'opécuine. C'est, après les gueires civiles de religion, après les crimes de la rrlifjion cfElat, après que Henri IV, forcé parla rais(m dlhat d'abjurer la foi de ses corehgionnaires, leur a garanti j)ar édit perj)étuel les droits civils et la liberté de leur culte, aj)rès que le protestantisme, hors de France, il est vrai, a encore reçu des secours de la politifjue française, c'est alors que Louis XIV, en même temps qu'il se croit appelé à dicter la loi à l'Europe, persécute odieusement les protestants, et les bannit de France, avec applaudissement de la majorité de la nation, qu'il ramène pour plus d'un siècle à la fidélité du vieux titre que les papes lui donnaient au xi^ siècle, celui de tille autre de rÉ(/lisc. L'Angleterre et Guillaume 111, chef de la coalition contre la France, sauvèrent alors l'Occident de la souveraineté catholique. Cet exemple et ceux qui vont suivre montienl la force de connexion de la question politique universelle et de la question religieuse, en conséquence de la nature d'une religion qui prétend, comme son nom ledit, à l'universalité : le calhohcisme.

Un grand cas histori(jue, analogue, malgré beaucoup de difTérences trompeuses, au cas des prétentions dominatrices du Grand Roi, est celui du Grand Empereur aventurier, qui commença le xix" siècle, et changea totalement ce qu'on aurait cru devoir en être le cours. Le catholicisme venait de traverser quelques années de persécution, qui lui avaient rendu une infiniment petite partie des maux dont il avait accablé pendant quinze cents ans les hérétiques. Napoléon, traitant avec le Pape, reconstruisit laUiance des deux pouvoirs. Ce crime contre la vérité et la conscience

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