‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 85 sur 211 · VICES ET ESPÉRANCES DE LA DÉMOCRATIE SOCIALISTE VM · texte numérisé non relu

VICES ET ESPÉRANCES DE LA DÉMOCRATIE SOCIALISTE VM

quoique les deux points de vue soient moralement inséparables. Il n'y a que difficilement un sérieux progrès moral à attendre de l'esprit populaire. Les lois, comme les mœurs demeui'ent injustes ou basses en matière de droit civil et de droit pénal, notamment en ce qui concerne le régime de la famille. Les rapports entre les partis politiques, dans les assemblées, ont pris le caractère de la provocation et de l'insulte.

Le socialisme qui, avant et même pendant la Révolution française, ne touchait guère à la politique en est venu, pour ainsi dire, à l'absorber tout entière, en pr'incij)e, quand le démenti donné par Fissue de la Révolution aux espérances du xviii' siècle a suscité de nouveaux penseurs : ce sont ceux qui, ne reconnaissant plus à la liberté la puissance édificalrice des institutions, ont demandé à la science la solution du proi^lème de la société. Mais la science ne ])eut oflVir de ce problème une solution qu'en réclamant le double postulat de la vérité du système qu'elle propose, et de l'autorité qui serait capable d'en imposer l'application. Et connnent éluder la nécessité d'une lente évolution sociale, et les difficultés de l'éducation morale d'un peuple ou sans religion, ou mal dirigé par une religion irrationnelle, qui passe pour intangible.

Le progrès du socialisme dans l'esprit populaire, son entr(''e dans la politique militante ont été malgré tout inévitables, parce que la fonction du travail ouvrier a subi une crise douloureuse après l'abolition, en faveur de la pure liberté, des garanties que comportait l'ancien régime. Les promesses des économistes optimistes, les bienfaits du laisser faire ne se sont ])as réalisés. La concurrence conduit, phénomène imprévu, par l'association au monopole des grandes industries, et les producteurs isolés ou les commerçants voient se fermer leurs débouchés. L'ouvrier séduit par le. principe de l'organisation du travail, donne la préférence au monopole universel de l'État (jui lui

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