CONCLUSION DU PERSONNALISME
La philosophie, c'est-à-dire la raison analysée et synthi'-tisée dans une conscience, avait seidc à nous foiu-nir les éléments de notre composition. Une religion demande autre chose. Une religion a besoin, pom* la vérité qu'elle annonce, d'une tradition et d'une révélation. Le christianisme, qui parallèlement aux principes (h' la civilisation rationnelle et de la philosopiiie, hériiage de l'iiellénismi^ gouverne en grande |)arti(^ l'âme des nations occidentales, beaucoup moins éloignées que les autres de la connaissance de la loi morale, le christianisme recourt à la grâce de Dieu pour sup[)léer à la justice, dont il déclare l'homme incapable par soi. 11 y a un domaine de mystère et de foi, auquel la philosojjjiie doit rester étrangère. Xous sommes loin de réclamer, pour la doctrine (pie nous exposons, les qualités d'une religion, mais nous pensons qu'elle peut se donner potu* ime philosophie de la religion en général, philosophie* moralemc nt ainsi cpie logiquement siq)érieure, dans les matières qu'elle traite, à la religion (juelle qu'elle puisse être. Car la loi morale et les croyances d'ordre rationnel ( t imiversel, que cette loi elle-même confirme, revendi(pient la prééminence et le droit de contnjle sur tout ce (ju'ime théologie spécidativi* emprunte nécessairement à la raison poiu- l'c^xplication logique de ses points de foi pro[)rement religieuse. Les continucds essais de « conciliation » d'une certaine foi et de la raison ont été l'aveu implicite de leur discordance. La théologie scolastique, qui s'impose encore, abusivement, à la foi chrétienne, s'est tristement éloignée de la justice en sa doctrine de la Piovidence, et n'a su se donner ni unité ni méthode, en cett(* philoso[)hie prétendue aristotélique qu'elle a compilée et mutilée, pour la réduire à n'être que sa servante. Le christianisme pourrait, sans abandonniT pour cela l'idée messianique, où réside sa réelle et primitive essence, trouver dans une théodicée rationnelle, à la fois élois^née des crvements du froid optimisme philosophique, et affranchie des
CONCLUSION DU PF.USONNAIJS.Ml: