‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 95 sur 211 · CONCLUSION DU PERSONNALISME · texte numérisé non relu

CONCLUSION DU PERSONNALISME

confmdiclions mvthologiques de la Ihéulogie orthodoxe, une ressource dont TEglise devrait mieux sentir le besoin [XKir remédier à la caducif»'^ de ses dogmes et rendr-e la vie à son enseignement.

Mais la hardiesse des vues, pourtani mVessairr en métaphysique, est sujette à un gi'ave ineonvcnienl. (^)uel ne serait pas, en eiïet , la stupéfiiction (hi public si. dans hi supposition où Tœuvre des Pères de l'Eglise, dis conciles œcuméniques et des (l()ct('urs seolastiques sérail elTacéedc rhistoire,un |)ensc'ur(ju'on aurait cru jus(jue-là sérieux venait invitei* ses contempoi-ains à croire (ju'un dieu a été crucifi<* sur la terre, dont le père, auquel il e<t <i>niifi^i(Uiù(-l^ est demeuré au ciel et n'a point soullert; que ces deux di(UL\, avec un troisième sont le ci'éateur du ciel et do Li teiTo; qiio le dieu fds a étc' /aif homme, et que son corps osLconlenn tout entier, vivant et matériel, dans chîujuo Crnurnont d'un pain multipliablo à volonté, qui garde 1. > .jpparenccs du pain, mais qui a été /rdusubstanlir [>ar des parolrs sacramontelles; cpic tous les hommes unissent coupables de la faute de leur premier père, et sont condamnés à des peines ét(Tnelles, à moins rpi'ils ne reçoivent un baptême qui efTace le péché dans 1 àme de reniant ; et cpie le pi-ètre a le pouvoir (roj)érer ces merveilles! 11 est à craindre que nos thèses sur Dieu, l'homme et sa destinée ne paraissent pas moins extraordinair-es, à une épocjue telle (|ue la notre, où ridée de l'immortalité semble avoii- son dei-nier asile dans rÉglise, que le pai'aîl raient les articles du catéchisme que nous venons de» rappeler, si quehpi'un en produisait aujourd'hui pour la premièie fois les foi-mules. Mais ces dernières sont une vieille momiaie de croyance dont Tusure a rendu les a^pérités insensibles. Vous demandons pour nos extravagances, s'il plaît à la routine religieuse de les iKjmmer ainsi, — (juoiqu'elles puissent défier Taccusation d'irrationalité, ce que ne peuvent pas les siennes, — unpeu del'indulgence queThabitude et la tradition portent

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les incrédules à montrer pour les absurdités des dogmes consacrés.

Nous disons extravagances ; mais si ce mot pouvait être pris dans son sens propre et matériel, ne s'appliquerait-il pas légitimement et sans reproche^ à la méthode d'investigation des vérités qui échappent logiqu(Mnent aux prises de rexpérience, bien plus, qui doivent embrasser Y explication de Ira pêrience, à moins qu'il n'y enait aucune de possible? L'hypotlîèse, sans autres contrôles que la logique et la morale, est alors la ressource unique du philosophe. 11 a le droit, s'il est en règle avec les formes d(^ la raison pure, de proposer comme vraisemblables des thèses sur l'origine iA la nature de notre monde, conformes aux lois de son entend(^ment et à son sentiment de la vie. Il peut dire, avec le J/wcV de Platon, dans le stvle d'un vieux traducleur, qui nous plaît fort :

(( Si, o Socratès, après tant d'autres qui ont parlé des dieux et de la création du monde, nous ne pouvons rendre raisons de ceste matière du tout certaines et assez perfettes, je vous pri(i ne vous en énKTveiller, ains j)lus tost vous contenter si les trouvez autant probables que celles d un autre, réputant que moy qui parle, et vous qui en jugerez, estes hommes, à fin qu'en trouvant mon propos vravsemblable, ne demandiez rien plus. »

Renouvier. — Ll' Persunnalisme.

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