‹ Le pessimisme au 19e siècle: Leopardi - Schopenhauer - HartmannChapitre 157 sur 167 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

De l'avenir du Pessimisme. — Conclusion,

Quel est l'avenir réservé au pessimisme? Pour répondre à cette question, il ne suffit pas de faire ressortir l'exagération violente des thèses qu'il soutient, la stupeur du simple bon sens devant une doctrine qui veut persuader à l'humanité d'en finir le plus tôt possible avec la vie, et au monde lui-même de cesser cette lugubre plaisanterie qu'il se permet en continuant à exister. Il ne suffit pas de répéter ce que Pascal disait du pyrrhonisme outré : « La nature soutient la raison impuissante et l'empêche d'extravaguer jusqu'à ce

point ». A quel concours de circonstances cette philosophie contre nature doit-elle son succès et l'ardent prosélytisme dont elle est l'objet? Ces circonstances dureront-elles? Y a-t-il des motifs de croire que cette fortune d'un système si contraire à la nature humaine s'arrête et que cette propagande déraisonnable s'épuise par l'indifférence des uns ou la résistance des autres?

M. James Sully, dans le livre que nous avons cité, a essayé de définir et de classer les sources de cette philosophie. Il expose ce qu'il appelle d'un nom fort à la mode « la genèse du pessimisme » ; il en énumère, avec un grand luxe de divisions et de subdivisions, « les éléments et les facteurs externes ou internes ». Selon lui, il faut considérer la conception optimiste et la conception pessimiste de la vie comme des effets d'une foule de causes plus ou moins cachées dans la constitution intime de chacun de nous. Le pessimisme est à la fois un phénomène pathologique et un phénomène mental. Quand il est poussé à outrance, il révèle une altération grave dans

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