CHAPITRE III
M. de Hartmann1, décrivait ainsi les origines et la naissance de l'école du pessimisme en Allemagne : « Une des observations les plus justes de M. Cousin, disait-il, est que, dans la voie ouverte par Kant, la métaphysique allemande devait aboutir logiquement au nihilisme. Les auteurs romantiques s'appuyant sur le système à demi mystique de Schelling. ne tardèrent pas, en effet, à soutenir qu'une sorte d'indolence quiétiste est le but le plus élevé qu'il soit donné à l'homme d'atteindre. Cela conduisit Schlegel, avec d'autres critiques de la même école, à envier pour l'homme cria paresse divine et la vie heureuse des plantes et des fleurs, » et dans son célèbre ouvrage sur le Langage et la Sagesse des Indiens (1808), il admirait la vie calme et apathique des ascètes orientaux. Homère, que le romantisme avait déjà sacrifié à Ossian, ne tarda pas à se voir détrôné par Bouddha. Les événements politiques de ce bas monde ne pouvaient plus émouvoir des âmes pénétrées d'une sagesse si indolente. C'était cependant le moment où les orages grondaient