‹ Le pessimisme au 19e siècle: Leopardi - Schopenhauer - HartmannChapitre 5 sur 167 · CHAPITRE' PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE' PREMIER

toutes les nuits et tous les jours qui ont rempli le cours entier de sa vie; qu'il réfléchisse et qu'il dise en conscience combien dans sa vie il y a eu de jours et de nuits plus heureux et plus doux que celle-là ; je suis persuadé que non-seulement un simple particulier, mais que le grand roi de Perse lui-même en trouverait un bien petit nombre, et qu'il serait aisé de les compter. » Aristote a remarqué, avec une justesse pénétrante, qu'il y a une sorte de tristesse qui semble être le partage du génie1. Il traite la question en physiologiste ; mais ne peut-on pas dire, à un autre point de vue, en complétant sa pensée, que la hauteur où s'élève le génie humain ne sert qu'à lui montrer avec plus de clarté et sur de plus larges surfaces la frivolité des hommes et la misère de la vie ?

L'épicurisme , gai , voluptueux , frivole , conduisait, par une logique inattendue, à la condamnation de la vie. Témoins ces sectateurs de la volupté, à Rome, qui mouraient

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