‹ Le pessimisme au 19e siècle: Leopardi - Schopenhauer - HartmannChapitre 6 sur 167 · Problèmes, XXX · texte numérisé non relu

Problèmes, XXX

aussi facilement et avec autant de résolution que les amants farouches de la liberté stoïque. Au fond, c'est l'amour exagéré de la vie qui les amène à la condamner et à la rejeter quand il n'y a plus de joie à attendre. S'il n'y a pas de fin supérieure au plaisir, à quoi bon survivre au plaisir éteint? Le plaisir n'est pas immortel; quand la fatigue commence, l'épuisement n'est pas loin, et qu'y a-t-il de plus triste pour un épicurien que de se voir abandonné par la volupté ? Il vaut mieux prévenir cet abandon, pire que la mort, et mourir vivant. «A quoi sert-il, semblent dire les sectateurs d'Epicure au voluptueux épuisé, de disputer lâchement quelques jours condamnés d'avance et quelques sensations précaires à la nature qui se retire de toi ? Tu n'as plus rien à attendre que la douleur, les infirmités, la vieillesse. Bois la mort dans une dernière libation. » — C'est sous ces inspirations que s'était formée à Alexandrie l'Académie des comourants (tôv Guva7roôavoi>[/iv(ov) dont faisaient partie Antoine et Cléopâtre. — Les Romains de la décadence jetaient dans une dernière

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