‹ Le pessimisme au 19e siècle: Leopardi - Schopenhauer - HartmannChapitre 69 sur 167 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les arguments de Schopenhauer contre la vie humaine. — L'identité de la volonté et de la douleur, la théorie des plaisirs négatifs et le machiavélisme de la Nature.

Laissons cette métaphysique du rêve; allons droit aux arguments qui ont fortement saisi les imaginations allemandes, et par lesquels Schopenhauer et Hartmann prétendent démontrer l'antique pensée de Çakya-Mouni : « le mal, jï'est l'existence. » Nous écarterons avec soin ce qui touche à l'essence du monde en lui-même, la question théologique et transcendante de savoir si l'univers est en soi bon

ou mauvais, et s'il eût mieux valu qu'il n'existât pas. Nous nous bornerons à la vie humaine. J'estime queXles arguments du pessimisme^débarrassés de l'armure formidable qui les recouvre et de la masse d'accessoires inutiles qu'ils traînent à leur suite, X peuvent se réduire à trois : une théorie psychologique de la volonté, la conception d'une puissance rusée qui enveloppe tout être vivant, spécialement l'homme, d'illusions contraires à son bonheur, enfin le bilan de la vie qui se liquide par un déficit énorme de plaisir et par une véritable banqueroute de laNatureX Les deux premiers arguments appartiennent en propre à Schopenhauer, le troisième a été développé par M. de Hartmann.

XTout est volonté dans la nature et dans l'homme , donc tout souffre : voilà l'axiome fondamental du pessimisme de Schopenhauer1.

1. Die Welt ails Willeund Vorstellung, t. I,liv. IV et passirn. — Voir les principaux fragments sur cette question, recueillis et traduits par M. Ribot dans son résumé de la Philosophie de Schopenhauer, pages 119, 139, etc.

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