‹ Le pessimisme au 19e siècle: Leopardi - Schopenhauer - HartmannChapitre 82 sur 167 · il brutto · texte numérisé non relu

il brutto

Poter che, ascoso, a comun danno imper a

Léopardi. A se siessot

144 LE PESSIMISME AU XIXe SIÈCLE.

Tout cela est une série de contradictions manifestes, simples jeux d'esprit, encore de la mythologie pure; mais, la contradiction admise à la base de la théorie, comme tout s'explique et se déduit ! S'il est vrai que nous soyons trompés, rien de plus clair que la démonstration du pessimisme : elle s'appuie précisément sur cette contrariété fondamentale de nos instincts et de nos intérêts, de nos instincts qui nous portent irrésistiblement à des sentiments ou à des actes funestes, tels que ceux par lesquels nous cherchons à conserver une vie si malheureuse ou à la perpétuer en la transmettant à d'autres qui seront plus malheureux encore. — L'intérêt suprême de l'Inconscient est l'opposé du nôtre : le nôtre serait de ne pas vivre, le sien est que nous vivions, nous, et que d'autres vivent par nous. L'Inconscient veut la vie, dit Hartmann, développant l'argument favori de son maître, il ne doit donc pas manquer d'entretenir chez les êtres vivants toutes les illusions capables de faire qu'ils trouvent la vie supportable, et même qu'ils y prennent assez de goût pour

Page 1