‹ Le pessimisme au 19e siècle: Leopardi - Schopenhauer - HartmannChapitre 90 sur 167 · L. Ackermann, L'Amour et la Mort · texte numérisé non relu

L. Ackermann, L'Amour et la Mort

156 LE PESSIMISME AU XIX0 bIÈCLE.

les éblouit de ses prestiges, non-seulement ils travaillent à leur propre infortune (car il n'est pas d'amour qui n'aboutisse à des catastrophes et à des crimes, et pour le moins à des ennuis sans remède et à un long martyre) ; mais de plus, les imprudents, les criminels ! en semant la vie, ils jettent dans l'avenir la semence impérissable de la douleur : « Voyezvous ces amants qui se cherchent si ardemment du regard ? Pourquoi sont-ils si mystérieux , si craintifs , si semblables à des voleurs? — Ces amants sont des traîtres, qui là, dans l'ombre, complotent et cherchent à perpétuer dans le monde la douleur : sans eux, elle s'arrêterait ; mais ils l'empêchent de s'arrêter, comme leurs semblables, leurs pères, l'ont déjà fait avant eux. L'amour est un grand coupable, puisqu'en transmettant la vie, il immortalise la souffrance. » Son histoire se résume en deux illusions qui se rencontrent, deux malheurs qui s'échangent, un troisième malheur qu'ils préparent. — Roméo et Juliette, c'est ainsi que le philosophe de Francfort explique en plein xixc siècle,

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