CHAPITRE V. 1C
nomène indirect et négatif, la cessation ou la diminution de la souffrance, mais il prétend que le plaisir n'est pas seulement cela, qu'il est autre chose, qu'il est quelquefois ou positif (bien que reposant sur l'illusion), comme l'amour, ou réel, comme l'art et la science. Mais il faut apprendre à quel prix ces biens s'achètent, et quand même ils auraient quelque réalité, la question serait de savoir s'ils peuvent entrer en ligne de compte avec les maux. Bien que s'écartant sur ce point essentiel de l'opinion de Schopenhauer, pratiquement et dans l'application Hartmann arrive à des conséquences qui ne sont pas sensiblement différentes de celles de son maître sur le rôle prédominant de la douleur. On peut réduire tout ce raisonnement à quelques arguments principaux, en les dégageant des digressions multipliées et des discussions à coté :
1° Le philosophe ne peut vraiment appeler plaisirs que ceux qui viennent d'une satisfaction immédiate et directe de la volonté, et non ceux qui proviennent de la cessation d'une
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souffrance ou de la disparition d'un déplaisir.
2° La nature de la vie organique, spécialement des fonctions nerveuses sur lesquelles repose la conscience, amène ce résultat nécessaire que le plaisir doit avoir un terme, comme la souffrance. — L'excitation, la fatigue des nerfs font naître ce besoin étrange de la cessation du plaisir même. Une jouissance trop prolongée devient un supplice intolérable. D'autre part, une souffrance qui cesse devientelle un plaisir? Non, elle nous laisse irrités contre elle et moins reconnaissants envers le sort qui nous en a délivrés que mécontents de l'avoir subie. Dans les deux cas contraires, il y a donc un excédant du mal sur le bien.
3° De nombreuses circonstances physiologiques ou autres interceptent ou diminuent la conscience du plaisir, tandis que la peine éveille inévitablement la sensation ou le sentiment correspondants.
4° La satisfaction donnée à la volonté est très courte ; la conscience du plaisir dure à peine un moment, tandis que la contrariété que subit la volonté dure autant que la volonté en