‹ Le pessimisme au XIXe siècle: Leopardi--Schopenhauer--HartmannChapitre 13 sur 161 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

de la croyance antique est que Thomnie est né pour être heureux et que, sll ne réussit pas à l'être, c'est par la faute de quelque divinité jalouse ou de l'orgueil humain, s'élevant comme une injure ou une menace contre les dieux. Ce qui domine chez les anciens, c'est le goût de la vie et la foi au bonheur terrestre qu'ils poursuivent avec opiniâtreté ; il semble, quand ils souffrent, qu'ils soient dépossédés d'un droit.

M. de Hartmann, dans sa Philosophie de Vlncomcieni^ marque en traits précis cette idée de l'optimisme terrestre qui régit le monde antique (juif, grec, romain). Le juif attache un sens temporel aux bénédictions du Seigneur ; le bonheur pour lui, c'est que ses greniers soient remplis de gerbes et que ses pressoirs regorgent de vin*. Ses conceptions sur la vie n'ont rien de transcendant, et pour le rappeler à cet ordre supérieur de pensées et d'espérances il faut que Jehovah lui parle par ses prophètes ou l'avertisse en le châtiant. La

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