‹ Le pessimisme: (histoire et critique)Chapitre 15 sur 33 · Op. cit., II, p · texte numérisé non relu

Op. cit., II, p

ne connaissons rien des forces physiques en dehors de leurs effets phénoménaux, tandis que la volonté est immédiatement connue, comme ce qui se cache sous tous les phénomènes. En réduisant la notion de la force à celle de la volonté, nous avons subordonné, en fait, quelque chose de moins familier à une chose infiniment mieux connue, bien plus, à ce qui seul nous est connu immédiatement et complètement (1, 133).

Schopenhauer prend de grandes peines pour montrer que l'intellect est subordonné à la volonté dans l'homme et dans l'animal. L'intellect décroît à mesure que nous descendons l'échelle animale ; il n'en est pas ainsi de la volonté. Puis l'intelligence s'épuise, tandis que la volonté est parfaitement indépendante de tout effort et de toute fatigue. Encore une fois, l'intellect ne peut accomplir sa fonction convenablement, alors que la volonté « est silencieuse et se repose ». La volonté, comme trait caractérisque, a toujours été reconnue comme l'élément constant, immuable dans l'esprit individuel, tandis que l'intelligence a été considérée comme un élément changeant et incertain \

Schopenhauer ne définit nulle part ce qu'il comprend par volonté, si ce n'est en nous disant qu'elle contient les différentes manifestations de la spontanéité et du sentiment et en a distinguant de l'intelligence. Il insiste beaucoup sur ce derîier point, affirmant en un endroit que nous devons écarter la >eiisée de la coopération de l'intelligence, si nous voulons com- >rendre la nature de la volonté en elle-même, et par là pénérer aussi loin que possible dans les profondeurs de la nature, lelon la psychologie moderne, l'esprit consiste dans trois actiités différentes : la sensibilité, l'intelligence et la volonté, ichopenhauer distingue la troisième de la seconde, mais non e la première.

La volonté donc est la réalité ultime. Mais en quoi diffère- ■elle de nos volontés phénoménales? Tout d'abord, comme oumène, elle est en dehors des formes du temps et de la plu-

1 . II, cap. XIX : « Vom Primat des Willens im Selbstbewusstsegn. » . Sully. — Pessimisme. 6

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