‹ Le pessimisme: (histoire et critique)Chapitre 21 sur 33 · Voy. l'ouvrage de Herr Vaihinger, p · texte numérisé non relu

Voy. l'ouvrage de Herr Vaihinger, p

2 . Vaihinger dit fort bien, à ce propos, qu'elle accomplit le plus incroya- 3le exploit, c'est une hypostase anthropomorphique et une personnifica- ,ion mythologique, et c'est justement pour cette raison que cette concepion plaît à la curiosité vulgaire de la foule naïve {Op. cit., p. 131). L'anhropomorphisme de l'inconscient est traité d'une manière satirique et faisante par J.-G. Fischer, dans un ouvrage intitulé : BartmanrCs Philoophie des Unbewussten, ein Schmerzensschrei des gesunden Menschenversandes.

sairement toutes deux, chez Hartmann, l'activité et l'activité vers un but. En fait, la différence entre les deux est que, dans l'une de ces conceptions anthropomorphiques, l'attribut de la volition est principalement accentuée et dans l'autre celui de la pensée.

Si nous examinons ensuite la description de la fin du progrès cosmique, les mystères ne disparaissent point. La supposition d'une volonté divisée en deux parties, consciente et inconsciente, et amenées à un arrêt, est certainement une conception ingénieuse. Mais comment, demandera-t-on naturellement, doit-on mesurer la quantité en ce cas, ou comment pouvons-nous nous assurer que la somme de volonté consciente pourra jamais atteindre la quantité apparemment constante de volonté physique dans l'univers? U est bien évident que c'est là un point d'une importance capitale par rapport au précepte pratique que nous devons coopérer à hâter la fin de l'existence. Et puis que doit- on dire de la preuve mathématique qui doit nous encourager à espérer que le misérable cercle des événements cosmiques ne se prolongera pas ad infinitum : Il est réellement impossible de traiter tout à fait sérieusemen 1 cette partie de la théorie de Hartmann. Il y a une certaine naïveté à étendre la science des probabilités à un problème ontologique si éloigné qui produit un effet d'un comique évident. Un homme qui peut tirer une consolation d'une doctrine si obscure n'a certainement pas un tempérament pessimiste Ne devons-nous pas dire que Hartmann s'est complètement mépris sur sa vocation, lorsqu'il se fait l'écho des lamentations de Schopenhauer sur la misère de la vie?

Ayant ainsi abordé brièvement, d'une manière très insuffisante, quelques-uns des plus frappants exemples d'incohéren e logique et d'hypothèse arbitraire dans les théories des deci chefs du pessimisme, je me propose d'abandonner les aspect métaphysiques de la question et de m'attacher dorénavant exclusivement à ses aspects scientifiques. Par rapport à j» côté du problème, nous devons aussi commencer par Schopenhauer et Hartmann, dont la méthode a des prétentions i

être strictement scientifique aussi bien que métaphysique ; ce sont eux qui pour la première fois ont essayé de donner une solution précise et systématiquement raisonnée de la question au point de vue pessimiste. Si, comme je l'espère, je réussis à montrer l'inanité de cette preuve du pessimisme, il sera nécessaire de rechercher s'il y a d'autres moyens praticables d'atteindre une solution de la question qui nous est posée, et jusqu'à point, dans l'état actuel de nos connaissances, on peut espérer une réponse bien nette.

En traitant des arguments pessimistes, il sera bon de discuter tout d'abord la preuve scientifique à priori, qui repose en partie sur la conception du monde physique et en partie sur certaines suppositions psychologiques. Après cela, nous pourrons considérer la preuve à posteriori ou empirique, principalement élaborée par Hartmann, et qui consiste à prouver au moyen d'une induction basée sur les faits que la peine excède le plaisir dans la vie humaine.

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