PLAISIR ET B0XHECB SA
peine. Pour acquérir ce complet empire sur sa propre vie. pemar soutenir une vue calme de la plus large collection de bots et subordonner toutes les impulsions particulières à un plan général et dominant de félicité, il est besoin, c'est évJdenL d'une dure discipline personnelle et d'un effort fatigant. Je ne nie pas le Eut. Cependant les gens raisonnables s'imaginent difficilement que cette peine rende réellement douteux ce qui reste évidemment de conditions agréables et ce qui est assuré par ces opérations. Tout conflit semblable est temporaire par sa nature même, puisque chaque exercice nouveau d'une velition plus haute et plus intelligente tend à rendre l'empire sur soimême plus facile. De plus, étant donné les conditions d'une saine éducation morale dans la vie à son début, une grande partie de la difficulté de ce règlement plus élevé de soi-même aura disparu avant l'âge de la pleine capacité pour que le plus grand bonheur dont on a parlé ici soit atteint Le sage, comme bien on le pense, ne doutera jamais que ce malaise temporaire et cette vexation des premières phases de la discipline personnelle soient abondamment contrebalancés par ses fruits ultérieurs.
Je pense qu'on ne contestera pas que. dans cette imparfaite ébauche, nous n'ayons une base raisonnable pour ridée de bonheur conçue comme construite à l'aide de sensations agréables, quand bien même ce serait un développement très complexe de ces genres élémentaires. Afin de voir encore mieux que notre conception répond à l'idée ordinaire du bonheur, il est nécessaire de rechercher si elle est propre à fournir les conditions de satisfaction pour la volonté, et, somme toute, à donner à l'homme qui l'entretient un certain sentiment durable de satisfaction.
« Le bonheur, dit M. J. Stuart Mill, n'est pas la même chose que le contentement. Il vaut mieux être un homme mécontent qu'un porc satisfait. » Cependant, dans le même essai, Mill nous parle en termes clairs d'une c vie satisfaite », où une modeste portion de bonheur est réalisée. Cette assertion d'un double aspect de bonheur semble avoir été une difficulté pour quelques-uns des critiques de Mill ; cependant avec un Sully. — Pessimisme. 19
moment de réflexion elle devient assez intelligible. L'homme qui croit qu'il a jusqu'à un certain point atteint les conditions du bonheur que j'ai imparfaitement décrit ne sera pas à la fois satisfait et non satisfait, content et mécontent. Son sentiment, à un moment particulier, dépendra du point de vue d'où il contemplera la vie. Afin de voir qu'il en est ainsi, considérons d'un peu plus près la signification du contentement dans son rapport avec le bonheur.
Dans un sens familier, le contentement est simplement un terme négatif qui ne signifie rien que l'absence de désir, un état d'inactivité et de calme. Dans ce sens, on peut dire que l'huître si fameuse est contente. Quand il s'applique cependant à des esprits réfléchis, le contentement signifie plus que cela. D'abord, il peut signifier un contentement absolu, un état de sentiment auquel nous tous peut-être arrivons à de rares intervalles, quand quelque joie nouvelle et en apparence permanente fait déborder le fleuve de la vie et fait que toutes les images de bien non réalisé s'évanouissent dans des formes obscures et ténébreuses. Ce n'est pas là cependant la condition ordinaire même de l'homme le plus heureux.
Le penseur qui cherche à fabriquer une idée rationnelle du bonheur, telle que celle comprise plus haut, sera, je l'ai dit, à la fois content et mécontent. Il est content dans les limites où il est assuré que sa vie réelle est en quelque manière une acquisition de bonheur. En d'autres termes, il est satisfait de la vie comme quantité positive, comme de quelque chose qui vaut la peine d'être possédé et d'être conservé. Il est facile de voir que, suivant notre conception du bonheur, elle doit causer à son sujet cette sorte de satisfaction. Car quels sont les principaux ingrédients de cette idée? Des sources permanentes internes et externes de plaisir varié et un contrôle inaliénable sur ces sources. Or l'homme qui croit qu'il acquiert graduellement ces sources permanentes et y ajoute, et qu'il gagne ce pouvoir d'administration, est ordinairement conscient d'avoir un fonds de bonheur dans la vie, derrière lequel il peut toujours se retrancher. L'assurance de ces possessions continue
en elle-même un motif continuel de satisfaction qui se •fait sentir dans tous les moments de tranquille réflexion et qui rend le sujet capable de surmonter les mille petites vexations et désappointements de cette vie. Ce n'est seulemenfque dans des moments d'irritation et d'excitement irréfléchi qu'il sera disposé à condamner la vie, comme n'ayant aucune valeur. Aussitôt que l'agitation s'apaise et qu'il est capable de contempler avec calme les régions qui l'entourent et celles qui sont en lui-même, il reprend l'assurance que la vie est encore riche d'un trésor permanent et d'une promesse de jouissance croissante.
Nous pouvons voir plus loin que notre conception du bonheur, en faisant du règlement de l'activité et du contrôle du désir un facteur principal, trouve place pour l'idée d'une volonté satisfaite comme contradiction inhérente, suivant la vue des pessimistes. On peut dire que notre volonté est satisfaite, en un sens, quand nous reconnaissons que notre action conduit à une somme évidente de sentiment agréable, et cette reconnaissance forme un ingrédient nécessaire dans notre théorie du bonheur. Mais, d'un autre côté, on peut regarder notre volonté comme non satisfaite quand nous voyons s'étendre au loin devant nous une longue perspective d'activité agréable volontaire.
Dans ce sens aussi, notre vue du bonheur implique une volonté satisfaite. Une personne qui arrange ses ressources externes et internes, et en dispose de manière à s'assurer un cours constant d'occupations agréables et intéressantes, est apte à considérer chaque nouveau point et à réaliser par anticipation les nouveaux fonds d'activité dont la vie se compose en grande partie. Il y a ainsi un fonds constant de volition initiale et idéale ; il voit où et comment il doit diriger son énergie ; et sa volonté, c'est-à-dire, son instinct d'agir, est, en un sens, satisfait. Ce double bien, les résultats de l'action et l'action elle-même peuvent fournir à l'imagination active un objet adéquat et satisfaisant 1 .
1. Là où ces conditions sont remplies, on peut dire que l'homme est satisfait de la vie, somme toute, comme d'une région de possibilités mé-
Cependant, tandis que notre conception du bonheur est telle qu'elle trouve place pour cet élément salutaire et inappréciable de la satisfaction, faute duquel notre vie ne pourrait jamais se nommer un bien, elle ne comprend pas moins les conditions d'une certaine sorte de mécontentement, celui que nous éprouvons quand nous mesurons notre vie actuelle, non absolument, mais relativement, la comparant avec notre idéal. Partout où il y a le pouvoir d'imagination, il doit exister cette érection d'un idéal, et les variations que l'on peut observer dans le lot des différents hommes et des différentes femmes sont sûres de nous suggérer des modes de sentiments agréables et des conditions de bonheur que nous avons été nousmêmes jusqu'ici dans l'impossibilité d'atteindre. Or, tandis que l'action sage d'une volonté pleine d'empire conduit, comme nous l'avons vu, à une habitude de détourner la pensée des objets qui se trouvent hors de notre portée, il ne s'ensuit pas que le sage n'aura aucun idéal vers lequel se dirigeront habituellement ses vues. En un sens effectivement, tous les efforts de longue portée qui entrent dans notre vue du bonheur comprennent un idéal, car la réalité à laquelle nous arrivons, comme le but de cet effort, se trouve être différente de notre anticipation.
Ce désaccord entre l'imagination et le résultat acquis, cependant, n'est pas l'élément principal dans le mécontentement du sage. La vie, c'est le développement mental, l'enrichissement constant du savoir par l'expérience et la découverte journa-
diorrement heureuses. Il est bon de noter que cette disposition satisfaite de l'esprit est grandement aidée par la culture des sentiments sociaux et une grande sympathie avec nos semblables. En premier lieu, comme je l'ai déjà insinué, l'incorporation des intérêts d'autrui dans le but de notre vie assure à notre imagination active un objet beaucoup plus large et plus inspirateur. En second lieu, un homme dirigé par ces sentiments qui regardent au dehors considérera habituellement son propre bonheur individuel sous le jour du lot moyen de l'humanité, et il retirera une certaine forme de plaisir positif de la pensée qu'il partage la destinée commune de sa race. A mesure qu'il reconnaît les limites mises au bonheur des hommes en général, et qu'il désire davantage de ne pas avoir plus qu'une juste part des bonnes choses du monde, l'acceptation de son territoire borné de bonheur deviendra plus aisée, étant transformé, dans le cas d'une personne juste et sage, en une franche acceptation.
lière de nouvelles possibilités de bonheur. Ainsi, à mesure que nous avançons, nous venons à apprendre de nouvelles sources de plaisir qui peuvent soit s'ajouter aux objets antérieurs de poursuite, ou se substituer à la place de quelques-uns de ceux-ci, comme ayant plus de prix. C'est-à-dire que, avec le développement mental, la perspective de l'activité de jouissance s'élargit continuellement à nos yeux, et, sur cette voie, notre première conception bornée du bonheur s'échange contre une conception plus pleine et plus riche. Maintenant, dans ces progrès de nos anticipations qui s'élargissent et de nos volitions qui s'étendent, est impliquée une certaine somme de mécontentement. Nos buts, même quand ils sont achevés et parfaits, ne nous satisfont pas parfaitement, parce que, au moment où nous les saisissons, nous avons aperçu des régions d'activité plus grandes et plus variées. Je ne veux pas méconnaître cet élément de mécontentement. Il semble être inséparable de l'idée même de l'élaboration active du bonheur pour des êtres d'une intelligence limitée. Elle n'est pas toujours une quantité insignifiante; cependant il est évident que le sage sera capable de la réduire au minimum, en préférant s'arrêter plus fréquemment sur la quantité de bien qui a été actuellement moisson née et emmagasinée, et en regardant la portion qu'il n'a pu obtenir, non comme quelque chose de manqué dans le passé, mais comme un but qui reste pour un effort futur.
Il est bon de remarquer que, dans le cas d'un esprit réfléchi, ces éléments d'imperfection et de dissonnance dans la vie perdent beaucoup de leur effet attristant quand on les voit être les plus favorables conditions pour le plaisir parfait et soutenu d'une impulsion active et de poursuite. L'instinct du mécontentement avec ce qui nous entoure actuellement et nos acquisitions présentes est évidemment le plus puissant motif pour un effort élevé et intense. La continuelle découverte d'horizons de la vie plus larges semble être une condition d'une activité toujours renouvelée. Pour quiconque voit ceci et reconnaît la suprême valeur d'une action vigoureuse et soutenue, le mécontentement dont nous venons de parler cessera d'être un far-
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deau accablant. Un tel esprit est disposé à regarder le champ tout entier de la poursuite active, comprenant ses éléments d'excitation de mécontentement, comme un grand bien, supérieur à toute somme possible de jouissance passive, et à tomber d'accord avec Lessing, qui était prêt à placer la valeur de la poursuite de la vérité au-dessus de celle de la possession elle-même.
Nous sommes maintenant peut-être en position de juger de l'objection récemment soutenue contre toutes les conceptions hédonistes du but de la vie, que le plaisir ne peut jamais fournir un résultat satisfaisant d'action. Deux des plus éloquents interprètes de la doctrine de Hegel dans ce pays, M. Green et M. F-H. Bradley, ont pris beaucoup de peine pour montrer qu'une série de simples sensations de plaisir qui, dans la nature, n'a pas de limites, et qui ne peut pas, par conséquent, être simultanément atteinte en masse, est impropre à servir de but à une action prudente et rationnelle. Voici comment M. Bradley parle du but hédoniste : Le bonheur est une série de plaisirs, mais une série qui n'a pas de commencement, ou, si elle a un commencement, n'a point de fin, ne peut être additionnée; il n'y a point de tout, et cependant le tout est demandé et la série doit être additionnée.... Quelle est la somme des plaisirs et combien en va-t-il dans cette somme? Entendez- vous Un nombre fini? Alors, il y en a très peu en dehors. Entendez-vous un nombre infini? Alors nous ne l'atteignons jamais, car un plaisir au delà peut se concevoir, et rien de ce qui a quelque chose en dehors de soi n'est infini. Nous devons donc dire qu'aucune personne n'atteint le bonheur. Ou voulez-vous dire autant de plaisir qu'un homme peut en obtenir? Alors toute personne à chaque point est heureuse, et ce bonheur est toujours complet, car, d'après la théorie hédoniste, nous tous en obtenons autant que nous le pouvons *. »
Suit alors une bonne quantité de cette sorte ordinaire de jérémiades de rhétorique sur la futilité du bonheur tel que les