Iliade, XVII
d'Hadès aussitôt que possible f . » Sophocle fait la même réflexion dans un passage bien connu à! Œdipe à Colonne : « Ne pas naître est ce qu'il a de plus raisonnable ; mais, quand on a vu le jour, ce qu'il y a de mieux après cela, c'est de retourner d'où l'on vient 2 . » Une pensée à peu près semblable est contenue dans ce passage de Ménandre : t Les dieux rappellent promptement à eux ceux qu'ils aiment 3 . » Pour en venir à une période postérieure, nous trouvons, dans un distique de Palladas, une plainte très touchante sur la condition humaine : « race des hommes, qui pleure beaucoup, sans force, digne de pitié, rapidement engloutie dans la terre et détruite *. » D'autres réflexions, d'un semblable ton pessimiste, se rapportent au caractère éphémère de la félicité et à l'aspect fugitif de la vie humaine. Dans ce genre, il suffit de citer les mots qui déchirent le cœur de Gassandre, dans VA gamemnon d'Eschyle : « Hélas! misérable condition des mortels ! Quand ils sont heureux, une ombre peut les renverser (ou, suivant Paley, on doit les comparer à une ombre ou à une ébauche) ; mais si, au contraire, ils sont dans l'adversité, une éponge humide efface la peinture 5 . » Dans la littérature romaine, cette idée pessimiste de la vie humaine devient encore plus distincte et plus dominante,, comme en Grèce, dans la pleine floraison de sa grandeur natio-
1. IlàvTwv |ièv {jltj çOvai emxQoviottnv apurrov x. t. X. (V. 425-428.^