U amour
La forme féminine n'est qu'une vision, mais de quelle merveilleuse et réelle beauté!
« Il a fallu que l'intelligence de l'homme fût obs- « curcie par l'amour pour qu'il ait appelé beau ce « sexe de petite taille, aux épaules étroites, aux lar- « ges hanches et aux jambes courtes; toute sa beauté
Digiti
« réside dans Tinstinct de Pamour *. » Telle est Topinion de Schopcnhauer. II ne prouve pas que la femme n'est pas belle, mais qu'il n'entend rienluimême à la beauté, qu'il est plus à plaindre que les aveugles. Le mot inesthétique qu'il a imaginé pour la femme lui convient mieux qu'à elle.
Cette ligne qui part de la nuque, suit ces épaules étroites, ces larges hanches et finit au talon, est le chef-d'œuvre du génie divin et lui a coûté plus d'eflFort que celle qu'il a tracée dans les cieuxpour la course des soleils.
« Si nous plongeons nos regards dans le tu- « mulle de la vie, nous voyons sa misère et ses « tourments occuper tous les hommes; nous les « voyons réunir tous leurs efforts pour satisfaire « des besoins sans fin et se préserver de la misère « aux mille faces, sans pourtant oser espérer autre « chose que la conservation, pendant un court es- « pace de temps, de cette même existence indivi- « duellesi tourmentée. Et voiJà qu'en pleine mêlée « nous apercevons deux amants dont les regards se « croisent pleins de désirs. — Mais pourquoi tant «r de mystère, pourquoi ces allures craintives et dis- « simulées? — Parce que ces amants sont des traî- « très, qui travaillent en secret à perpétuer toute « la misère et les tourments qui, sans eux, auraient € une fin prochaine, cette fin qu'ils veulent rendre