‹ Le pessimismeChapitre 27 sur 79 · Pensées t p · texte numérisé non relu

Pensées t p

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ont VU la destination de certains organes et ont conclu précipitamment qu'elle commandait le reste, et que la diflférence même des âmes était entraînée par elle, lui était subordonnée.

N'est-il pas plus simple de croire que cette organisation a pour objet non seulement de nouveaux êtres, mais encore l'être lui-même, qu'elle est destinée, non seulement à reproduire, mais à faire vivre, non seulement à continuer la vie, mais à lui donner son bien.

La loi de l'amour n'est-elle pas que l'unité aimante se compose de deux êtres, ou plutôt qu'ils vivent dans une union féconde ; car l'union est supérieure à l'unité, est un acte perpétuel.

Si l'amour n'a pour objet qu'un certain acte, que reste-t-il à l'homme ? Il n'est que momentané, transitoire. L'amour perd son rang. Que mettrons-nous à sa place ? Qui demeure dans notre nature, que vaut-elle?

La plus grande des douleurs est la séparation de la mort. La mission était terminée, de nouveaux êtres existaient : à quoi bon ces regrets, si cette femme, cet enfant ne nous étaient de rien ? La femme ne nous a-t-elle pas plutôt donné l'enfant pour être aimée et nous donner un être à aimer 1 Y at-il meilleur argument que la douleur de ce déchirement de nous-même, pour prouver que nous commençons ici-bas l'éternel amour ?

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Tout homme naît engagé dans l'amour, dam bien indispensable, en possession de Tamour d père et d'une mère, frère de tous les homm Mais, dans cet admirable agencement du mon sa liberté peut choisir entre la famille, la chai envers tous les hommes, ou Dieu, sinon se pai ger entre les trois formes de l'amour. L'am( conjugal n'est pas désintéressé : il a des jouiss ces visibles qui n'appartiennent qu'à lui. C'est i infériorité au point de vue du mérite, mais cen' pas un motif pour le condamner, car le bien na rel, fondamental, doit porter sa jouissance avec 1

Nous allons conclure comme les pessimist mais pour une raison contraire. Le plus grand ( maux n'est pas l'amour, mais de ne pas assez connaître, de violer sa loi.

Voilà pourquoi, considérant la vie humaii nous jetons dans le plateau des maux ce poids lourd qu'il l'emporte sur tous les autres.

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