Le Monde, I, p
Digiti
qu'une fonction, connaître directement la relation de cause à effet, la raison n'en a qu'une, créer des concepts grâce auxquels l'homme vit, non seulement dans le présent, mais dans le passé et l'avenir, pourvoit à cet avenir par des institutions artificielles, réalise des plans médités à l'avance, agit d'après des maximes, choisit parmi plusieurs motifs, ce qui veut dire tout simplement qu'il connaît comme un spectateur quel est le motif le plus lourd qui fait pencher la balance. Le résultat de ces concepts est le langage, la conduite systématique, la science.
Les concepts forment une classe particulière de représentations. « La réflexion est forcément une copie, une <( répétition de son prototype, le monde perceptible, bien « que cette reproduction soit d'une nature toute spéciale « et formée d'une étofiFe tout à fait hétérogène. Aussi peut- « on très justement appeler les concepts des représenta- « tions de représentations * .
« Tout concept a ce que l'on appelle une étendue, une € extension, ou une sphère. Or la sphère de chaque con- (( cept a toujours quelque chose de commun avec celle « d'un autre concept, c'est-à-dire que l'on comprend en « partie dans ce premier concept la même chose que dans le « second; mais néanmoins chacun, ou au moins l'un des a deux, contient quelque élément que ne contient pas l'au- « tre; c'estlàle rapport detoutsujetà son attribut. Recon- « naître un tel rapport s'appellejuger*. ))Le motif de cette propriété qu'il n'indique pas est la généralisation de plus en plus grande des abstractions. Il admire fort l'idée de représenter ces sphères par des figures géométriques, invention de Ploucquet, portée à sa perfection par Euler. Il a combiné lui-même un grand tableau à peu près a^^ssi utile qu'une charade pour aiguiser le jugement.
Auprès des travaux des philosophes anglais, la logique de Schopenhauer peut passer pour de Tenfanti liage. Il