‹ Le pessimismeChapitre 40 sur 79 · Le Monde, I, p. 105 à · texte numérisé non relu

Le Monde, I, p. 105 à

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« philosophie actuelle, du moins, ne cherche aucune- V ment d'où vient le monde, ni pourquoi il existe, mais € seulement ce qu'il est. Mais le pourquoi est subordonné « au qu'est-il, vu que le pourquoi fait déjà partie du c monde, puisque son orig-ine est dans la forme des c phénomènes *. »

Cette explication ambig-uë donnée, ou plutôt cette précaution prise, au lieu de se borner à une cosmolog'ie, Schopenhauer ne se fait pas faute, non seulement de faire une cosmogonie complète, mais encore, après avoir créé le monde, de proposer le moyen de le détruire. La chose en soi est même ce qu'il sait le mieux, comme nous le verrons tout à l'heure.

Notons qu'en traitant de la connaissance abstraite il a cru trouver la théorie du rire : « Le rire provient tou- (( jours et uniquement de ce que nous remarquons subi- « tement la disparité entre un concept et l'objet réel que « par la pensée nous rapportions à ce concept, n'importe « de quelle manière; et le rire lui-même n'est que l'ex- « pression de cette disparité 2. »

On peut dire plus simplement : l'erreur très grande aperçue subitement provoque le rire. Ainsi traduite l'explication ne satisfait plus. Il n'appartenait sans doute pas à un pessimiste de la découvrir.

La troisième production de la raison, après le langage et la science, est la raison pratique. Elle est encore plus malmenée que la science. « L'homme naturel ap- <( précie plus ce qu'il connaît directement que les notions « abstraites, les pensées : il préfère la connaissance em- <( pirique à la connaissance logique. Tel n'est pas l'avis « de ceux qui vivent plus en paroles qu'en actions, qui « ont plus regardé de livres et de papiers qu'ils n'ont « contemplé de choses de la vie réelle, et qui, arrivés au « comble d'une pareille anomalie, deviennent des pé-

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