‹ Le pessimismeChapitre 45 sur 79 · Id,, pp · texte numérisé non relu

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« sa volonté est en même temps et infailliblement un « mouvement de son corps; il ne peut pas vouloir efFec- « tivement un acte, sans le voir se produire tout aussitôt « comme mouvement du corps. L'acte de volition et 1 ac- « tion du corps ne sont pas deux états différents connus « objectivement et reliés par le principe de causalité; ils « ne sont pas entre eux dans le rapport de cause à effet; « ils sont une seule et même chose, qui nous est donnée « de deux manières différentes, une fois immédiatement, a et une autrefois dans l'intuition et pour Tentendemenî . « L'action du corps n'est que l'acte objectivé (c'est-à- « dire devenu perceptible à l'intuition) de la volonté... « Vouloir et agir ne sont séparés que dans la réflexion : « dans la réalité, ils ne font qu'un *. »]

Cette identité du corps et de la volonté ne peut se prouver, mais nous savons que c'est l'avantage de la connaissance intuitive sur l'abstraite : notre confiance ne doit donc pas être ébranlée. On ne peut que l'élever de l'état de connaissance immédiate, in concreto,k celui de notion de raison et la transmettre à la connaissance in abstrgcto. Schopenhauer se flatte d'avoir le premier effectué ce travail.

Le corps humain est représentation et volonté. Il reste à passer dans les autres corps pour s'assurer qu'ils sont dans la même condition que nous et achever de traverser le monde, de la représentation à la volonté.

La double connaissance de l'essence et de l'activité de notre corps va nous servir pour reconnaître l'essence de tous les phénomènes dans la nature, et pour jug*er, par analog-ie avec notre corps, tous les autres objets qui nous sont connus seulement comme représentation . En conséquence nous admettrons que, semblables au corps comme représentation, ils le sont aussi quant à l'essence que nous nommons volonté.

« En effet, quelle autre existence ou quelle autre

{, Le Monde f pp. 160-163.

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« réalité pourrions-nous attribuer au reste du monde ma- (( tériel ? Où prendre les éléments dont nous le compo- « serions? Hormis la volonté et la représentation, nous . « ne connaissons rien, nous ne pouvons rien concevoir... « Si nous analysons la réalité du corps et de ses actes, « nous n y rencontrons, outre notre représentation, que « la volonté ; avec cela, nous l'avons épuisée. Nous ne c( pouvons donc trouver nulle part quelque autre réalité « à attribuer au monde matériel*. »

Nous avons réservé une question, traitée avec beaucoup de dextérité dans la première partie, parce qu'elle nous a paru mieux placée ici, au passag-e que nous venons de franchir, du corps aux objets extérieurs.

Quel est le rapport du sujet à Tobjet? Celui-ci est-il réel?

Kant avait agrandi Tintervalle qui les sépare. Ses successeurs avaient essayé, non seulement de les joindre, mais de les identifier. Schopenhauer se moque decc Tab- (( solu connaissable par intuition de raison ». Il remarque que la philosophie de Tidentité cumule les deux erreurs à éviter, car elle se divise en deux écoles qui sont, Tune ridéalisme transcendantal, la doctrine du moi de Fichte, laquelle, en vertu de la loi de causalité, fait produire ou dévider Tobjet par le sujet, la seconde, la philosophie de la nature, qui fait naître graduellement le sujet de Tobjet, en employant une méthode appelée construction. « Mais « j'abdique toute prétention à la profonde science contece nue dans cette construction ; car, pour moi, qui suis « dépourvu de toute intuition de raison, tous les systèmes (c qui se fondent là-dessus sont un livre scellé des sept « sceaux, et cela va si loin chez moi, quelque étrang-e « que ce soit à dire, que ces leçons si profondément « savantes me font toujours l'effet de hâbleries épouvan- « tables, et fort ennuyeuses, par-dessus le marché 2. »

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