Le Monde, I, p
Digiti
ri
comme finalité, ou adaptation au but, ce qui est l'explication téléolog-ique du corps *.
L'universalité de!^ phénomènes si variés de la représentation a la même cause que nos volitions, cause que nous appelons volonté. C'est elle qui, 'sous le nom de force, fait végéter les plantes, cristalliser le minéral, dirige l'aiguille aimantée vers le nord, attire la pierre vers la terre, la terre vers le soleil. C'est en réfléchissant à tous ces faits que, dépassant le phénomène, nous arrivons à la chose en soi.
Phénomène signifie représentation et rien de plus, et toute représentation, tout objet est phénomène ^.
Cette chose en soi a besoin d'emprunter un nom à quelque chose d'objectivement donné, par conséquent à un de ses phénomènes : celui-ci, pour être mieux compréhensible, doit être le plus parfait de tous; la volonté se trouve être désignée pour ce rôle, mais comme denominatio à potiori seulement. En faisant rentrer le concept de force dans celui de volonté, on ramène une inconnue à quelque chose d'entièrement connu.
La chose en soi est différente de son phénomène et indépendante de toute forme : toute forme appartient au phénomène, non à l'essence. La chose en soi n'entre donc dans aucune des formes du principe de raison, par suite elle n'a aucune raison 3. C'est elle qui cause notre conduite morale qui se trouve telle ou telle suivant que s'est rencontré notre caractère empirique individuel. «Si, (( faisant abstraction de mon caractère, je demande pour- (( quoi je veux telle chose et non telle autre, je ne trouve « pas de réponse possible, vu que le phénomène de la « volonté est seul soumis au principe de raison, la vo- « lonté elle-même en est indépendante, et, en ce sens, on « peut dire qu'elle n'a pas de raison ^. »