‹ Le pessimismeChapitre 49 sur 79 · Le Monde y I, p · texte numérisé non relu

Le Monde y I, p

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tralie, quand elle setrouve coupée en deux, entame u lutte entre ses parties, Tantérieure et la postérieure ; s'f tribuant réciproquement ce mauvais tour, elles tombe avec colère Tune sur l'autre à bras raccourcis. 1 cristaux naissants se gênent mutuellement. L'aima impose sa propriété au fer, afin de manifester aussi en 1 son Idée. Le mouvement des 'corps célestes, Toppositii perpétuelle de la force centrifuge à la force centripc est une expression de la lutte générale essentiellcme propre au phénomène de la volonté. Comme chaq corps est phénomène d'une volonté, et comme la volor se présente nécessairement comme une tendance, l'ét primitif de tout corps céleste condensé en sphère : peut être le repos, mais le mouvement ; il n'y a doi pas lieu de rechercher une impulsion première à force centrifuge. Dans la matière pure, le conflit . l'attraction et de la répulsion peut être regardé comr l'objectivation de la volonté au degré le plus bas.

Nous voyons donc sur le dernier échelon la volonté montrer comme un élan aveugle, comme une impulsi( obscure et vague, privée de toute connaissance. C'est ici si objectivationla plussimpleetlaplus faible. Nousla voyo encore apparaître dans toute la nature inorganique so tette même forme de tendance inconsciente. Elle se m nifeste dans des millions de phénomènes, tous sembl blés, tous également réguliers, n'offrant pas la moind trace d'un caractère individuel, mais seulement mul plies par le temps et l'espace, c'est-à-dire par le princi d'individuation , comme une image répétée par les i cettes d'un verre. Nous la voyons encore dans le règ végétal, où pourtant ce ne sont plus des causes, mj des excitations qui relient ses phénomènes, se monti entièrement inconsciente. Enfin les degrés toujours i cendants ;de lobjectivation nous [amènent jusqu'à cel où l'individu qui représente l'Idée ne pourrait plus procurer une nourriture assimilable si ses mouvemer

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n'obéissaient qu'à des excitations ; car Texcitation arrive quand elle peut et il faut l'attendre. De là naît la nécessité de la locomotion déteritiinée par des motifs, et, à €et effet, celle de la connaissance qui intervient dans ce degré d'objectivation de la volonté, comme un auxiliaire, comme une « [A^ixaviii » indispensable à la conservation de rindividu et à la propagation de Tespèce.

(( Mais dès que cet auxiliaire ou u-ri/aMi est venu s'ad- « joindre, subitement le monde comme représentation « surgit avec toutes ses formes d'objet et de sujet, de « temps, d'espace, de pluralité et de causalité. Le monde « présente maintenant sa seconde face. La volonté qui « poursuivait jusqu'alors sa tendance dans les ténèbres, « avec- unB sûreté infaillible, arrivée à ce degré, s'est a munie d'un flambeau qui lui était néc3ssaire pour « écarter le désavantage résultant pour ses phénomènes « les plus parfaits de leur surabondance et de leur vai( riété. La sûreté, la régularité infaillible avec laquelle « elle procédait dans la nature inorganique et le règne « végétal, comme tendance aveugle, venait -de ce qu'elle « était seule à agir, sans le concours, mais aussi sans le « dérangement que lui apporte un nouveau monde, tout (( différent, celui de la représentation, lequel, bien que « reflétant l'essence même de la volonté, a pourtant une (( tout autre nature, et intervient maintenant dans l'en- « chaînement de ses phénomènes. Par là, cesse désor- « mais l'infaillible sûreté de la volonté.

(( L'animal est déjà exposé à l'apparence, à l'illusion. « Mais il n'a que des représentations intuitives ; privé « de concepts, de réflexion, il est l'esclave du présent et « ne peut avoir lavenir en vue. .. Avec la raison arrive la « réflexion qui embrasse la vue de l'avenir et du passé, « et, à sa suite, la circonspection, le soin, la faculté « d'agir avec préméditation, enfin la conscience bien « claire des propres décisions de volonté comme telles... <( Avec l'avènement delà raison, l'erreur devient possi-

« ble, et, en bien des cas, vient mettre obstacle à une « objectivation adéquate de la volonté moyennant des « actes. Car, bien que la volonté ait pris déjà dans le ca- « ractère une direction déterminée et invariable, suivant « laquelle la volition elle-même se manifeste infailliblece ment sous Timpulsion des motifs, cependant Terreur « peut néanmoins fausser cas manifestations, en ce que « des motifs illusoires se g-lissent à la place des motifs « vrais et les annulent: tel est le cas oi\.la superstition (( suggère des motifs imaginaires, qui poussent Thomme « à une conduite opposée à la manière dont sa volonté (( se manifesterait sans cela dans les mêmes circonstan- « ces : Agamemnon immole sa fiJle; [un avare répand « des aumônes par pur égoïsme, dans l'espoir qu'elles « lui seront un jour rendues au centuple, etc. * »

Que veut la volonté? « Chaque volonté est volonté de « quelque chose, a un objet, un but de son vouloir. Que « veut donc finalement ou*à quoi aspire cette volonté, (( que Ton nous présente comme l'essence du monde en « soi? — Cette demande provient, comme tant d'autres, « de ce que Ton confond la chose en soi avec le phéno- « mène. C'est uniquement à celui-ci et non à celle-là « que se rapporte le principe de raison, dont une des « modalités est la loi de motivation. On ne peut jamais « donner une raison que de phénomènes comme tels, « de choses prises isolément, et non de la voloiité, non « plus que de l'Idée qui est son objectivation adéquate. « Ainsi l'on peut chercher la cause d'un mouvement isoce lé, c'est-à-dire qu'on peut cher cher l'état qui a nécessai- (( rement amené l'autre; mais jamais on ne peut en cherce cher une pour la force naturelle elle-même qui se manic( feste dans ce phénomène : c'est un véritable non-sens ce que de demander la cause de la pesanteur, del'électriec cité... Tout homme a constamment. un but, des motifs, € et sait à tout moment rendre compte de ses actions :

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