Le Monde, I, pp
(( tre imagination évoque, et non le sujet de la volonté, « qui, alors comme aujourd'hui, portait le poids de ses « incurables misères : mais celles-ci sont oubliées, car « bien d'autres, depuis cette époque, sont venues les « remplacer 1.»
Avant d'étudier le beau objectif, Schopenhauer donne l'origine du sublime qui est subjective. Lorsque des objets dont les formes sig*nificatives invitent à les contempler sont en un rapport d'hostilité avec la volonté humaine, qu'ils lui sont funestes, qu'ils menacent l'homme avec une puissance irrésistible, ou que, par leur incommensurable g-randeur, ils le font paraître un atome, lorsque le spectateur se fait violence pour s'arracher à sa volonté, et, s'abandonnant à la contemplation, regarde avec calme, en pur sujet de connaissance, ces objets si redoutables, alors c'est le sentiment du sublime qui le pénètre! La distinction entre le beau et le sublime consiste donc en ce que, en face du beau, la connaissance pure l'a emporté sans lutte, tandis qu'elle a été conq'iiise par violence, en présence d'objets terribles ou d'une grandeur démesurée..
Les contrastes s'éclairent réciproquement ; le contraire du sublime est le joli : lui, il stimule la volonté en lui présentant directement ce qui peut la flatter et la satisfaire : telles sont les scènes d'intérieur de l'école flamande, les fruits, les fleurs, ce que nous appelons, en France, les natures mortes, les tableaux de genre. « Il existe « aussi un joli négatif, plus condamnable encore que le « positif ; c'est le dégoûtant. De pareils sujets stimulent « la volonté du spectateur tout comme le joli réel^ et « détruisent la contemplation esthétique pure. Seulece ment ce qu'ils excitent c'est un violent non-vouloir, « c'est la répugnance 2. »
Cette dernière théorie de Schopenhauer a un grand