‹ Le pessimismeChapitre 56 sur 79 · rf., I,p · texte numérisé non relu

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prix : elle nous permet d'expliquer charitablement le goût de nos contemporains pour une littérature immonde; c'est le joli négatif qu'ils apprécient.

Enfin qu'est le beau objectif. Existe-t-il ? Sans doute. La réponse est brève, nette, catégorique. «Gomme, d'une (( part, tout objet existant peut être considéré objective- « vement et en dehors de toutes relations, comme, en « outre, la volonté se manifeste dans tout objet à un de- (( gré quelconque d'objectivation qui exprime une Idée, (( il s'ensuit que tout objet est beau ^ » Tout objet est beau. Il n'y a de différence entre eux que celle qui a été signalée plus haut et qui produit les impressions subjectives du sublime et du beau, indirectement, par suite des efforts que l'on a à faire pour parvenir à la connaissance pure. — Tout est beau. Cette opinion, en esthétique, nous paraît valoir celle qui établirait en morale que tout est bien.

Dans le reste du livre, Schopenhauer étudie toutes les branches de l'Art, architecture, hydraulique, art des jardins, sculpture, tragédie, poésie, musique. On y trouve des applications de sa doctrine, des discussions, des critiques, des aperçus remarquables difficiles à résumer, agréables à lire. Citons un exemple.

Winckelman avait remarqué que l'on ne trouvait pas sur le visage du Laocoon l'expression d'un homme qui crie. Il interroge le génie de l'artiste et il fait de Laocoon un stoïcien : il voit l'esprit rudement éprouvé d'un grand homme, qui s'efforce d'étouffer toute manifestation de ses souffrances. Lessing n'est pas de cet avis : dans son célèbre ouvrage qui porte le nom de cette statue, il établit que la beauté ne permet pas l'expression du cri : d'ailleurs un état passager ne doit pas être reproduit dans une figure immobile. Goethe réplique que le choix d'un pareil moment est au contraire nécessaire*. Hirt remarque que le cri a cessé et que l'asphyxie commence. Fernow

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