‹ Le pessimismeChapitre 63 sur 79 · Le Monde, I, pp. 561 à · texte numérisé non relu

Le Monde, I, pp. 561 à

rimportance vraiment morale de cette conduite, ce que le lang-ag'e vulgaire désigne par les mots de bon et de mauvais. « Ces notions de bon et de mauvais, que les « philosophes d'aujourd'hui considèrent, chose singulière, « comme simples, par conséquent comme n'étant pas sus- « ceptibles d'analyse, je veux les ramener à leur signifîca- <( tion propre, afin de ne pas laisser le lecteur dans l'er- « reur de croire qu'elles renferment plus que ce n'est le « cas en réalité et qu'elles expriment déjà par elles-mf mes « tout ce qu'il est nécessaire d'exposer ici. Je n'ai pas « plus l'intention, dans ces paragraphes sur la morale, « de me retrancher derrière le mot de bon, que je ne l'ai « fait dans l'Esthétique derrière le mot de beau, ou « de vrai , pour faire croire ensuite qu'en pronon « çant ces trois mots, j'ai fait quelque chose de plus qu « de désigner trois notions extrêmement vastes et abstrai- « tes, très pauvres par conséquent de contenu. »

« Nous allons nous occuper de ramener celle de bon (( à son sens vrai, ce qui peut se faire en peu de mots. Ce <( concept est essentiellement relatif et il désigne la con - <( venance d'un objet à quelque tendance déterminée « de la volonté. Ainsi donc la pensée comprend par bon (( tout ce qui agrée à la volonté dans une de ses mani- « festations quelconques, tous les objets qui lui servent « à atteindre son but quelles que soient leurs différences « pour tout le reste. C'est ainsi que nous disons : bonne « nourriture, bonne route, bon temps, etc. Bref, nous « nommons bon tout ce qui est exactement tel que nous « le souhaitons en ce moment-là ; aussi telle chose peut « être bonne pour l'un qui sera l'opposé pour un au- « tre^ »

La notion du bon se divise en deux sous-espèces : celle qui se rapporte à la satisfaction immédiate de la volonté, l'agréable, celle qui comprend sa satisfaction médiate dans l'avenir, l'utile. Le bon est essentiellement relatif,

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