La Philosophie, II, chap. m
maternel, elle était Idée. Mais qu'entendre par cet attachement au sein maternel? C'est la volonté de réaliser Vidée : il faut ajouter cependant que la conscience est la stupéfaction que cause à la volonté l'existence de l'Idée qu'elle n'avait pas voulue.
Détachée du sein maternel, l'Idée est devenue Conscience. Qu'est celle-ci? La Conscience est au fond, pour l'Idée, le détachement du sein maternel et l'opposition de la volonté à. cette émancipation, d'autre part un prédicat que la volonté ajoute à Vidée et dont le sens exprime la stupéfaction que cause à la volonté l'existence de l'Idée qu'elle n'avait pas voulue. Ainsi, la conscience est un acte, le détachement du sein maternel, — puis un prédicat ajouté à l'idée, ce qui est tout différent d'un acte. Ce prédicat est ajouté à l'idée par la volonté, en d'autres termes, cette conscience est due à la volonté, qui précisément se plaint et est stupéfaite de ce que cette conscience soit ajoutée à l'idée : enfin cette conscience est la stupéfaction de l'Inconscient dont il n'est pas encore remis et qui durera jusqu'à la catastrophe finale. — Voilà ce qu'est la conscience. Passons à son antag'oniste, l'Inconscient.
L'Un-Tout, l'Inconscient a deux principes : la Volonté et l'Idée.
Qu'est-ce que la volonté ? « L'état initial de la volonté, « nous avons besoin d'un terme définitif pour le désigner, (( et nous l'appellerons le Vouloir-Vide (qui n'a pas ence core d*objet). Le Vouloir-Vide n'est pas encore, puis- « qu'il n'a encore ni actualité, ni réalité. Mais il n'est ce- « pendant plus la pure possibilité, comme la Volonté en « soi, comme la pure puissance, puisqu'il en est la con- « séquence et est vis-à-vis d'elle comme l'acte par rapport « à la puissance... Tant que le contenu ne s'ajoute pas « au vouloir-vide, la volonté semble comme prendre sans « cesse son élan pour réaliser un saut qu'elle ne fait ja- « mais. Elle veut vouloir et aspire à un contenu, et la
Digiti
« pondent qu'à des attractions et des répulsions dans Tes- « pace d'une intensité corrélative et régulière et dont la « volonté se borne à réaliser cette classe limitée de repré- « sentations 3. »
En quoi la matière contribue-t-elle à la formation de la conscience ? M. de Hartmann pose ces deux lois : L activité inconsciente de Tesprit est nécessairement immatérielle : elle est autonome et indépendante du cerveau. Au contraire les vibrations cérébrales, plus généralement, le mouvement matériel, sont la condition sine quâ non de la conscience. « Il n'y a pas de conscience sans cerveau, « sans g-anglions, sans protoplasma ou autre substratum « matériel. » Il cite Schelling- : « Ce n'est pas la pensée « elle-même, mais bien la conscience qu'on en a, qui dé- « pend des modifications de l'organisme. » (Vol.I de ses
\. La Philosophie de i Inconscient, II, p. o31.