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LES THÉORIES. — LA VÉRITABLE THÉORIE

1 . — Dieu a voulu nous faire mériter heur. — Pas de grandeur sans mérite, de mérite sans liberté.

Dieu est le Bien, le Beau, dont la vue, imparfaite, est tout ce qui nous fait jo voulu créer des êtres pour les faire pari la jouissance du Bien et du Beau.

Il lui aurait été possible de nous ce dans un état tel que nous n'aurions pu f trement que de faire le bien et de jouir ( ce qui est la même chose. Cet état n'aurai la perfection. L'homme eût été une ma jouissance.

Il n'y a pas de dignité sans liberté * .

1. a La liberté est à l'homme ce que la puissj Dieu. » Herbert do Gherbury.

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7i LE PESSIMISME

liberté n'a pas de sens, si Ton ne peut choisir. Elle n'est rien en elle-même, n'étant qu'un moyen. Son avantage est de permettre de subir une épreuve avec succès, de mériter. Quand on a mérité la félicité, on la doit à soi. A cette condition seulement, on est un être par soi, on est heureux et grand. « Si tollis pugnam^ tollis coronam. » (S. Bernard.)

Cette vie est un temps d'examen; le monde, la salle publique; la mort, le signal de la fin. Nous sommes faits, nous, pour être heureux, mais le monde est fait seulement pour nous mettre en état de le devenir, en méritant. Il est donc bon s'il remplit cet objet.

2. — Pas de liberté sans mal. — Nous seuls faisons le mal : si Dieu le faisait y nous ne serions pas libres.

Nous ne serions pas libres, si nous ne pouvions faire le mal : l'examen ne serait pas. sérieux. Le mal a donc sa cause dans l'homme, S3n origine dans la liberté Dieu n'a pas dû mettre près de chaque homme un ange qui se serait placé en travers du chemin du mal. en le menaçant d'une épée flamboyante.

La liberté étant donnée, il n'est pas possible que le mal ne se produise pas. Elle suppose l'alternative du bien et du mal, du mal qui n'était pas, mais qu3 l'homme va pouvoir faire. Elle n'existe

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que dans un état provisoire inférieur, puisque le mal s'y trouve avec elle, et pour conduire à un état définitif, supérieur, où il n y aura plus de mal, et, par conséquent, plus de cette liberté devenue désormais inutile à notre grandeur. Le mal et la liberté sont la condition l'un de l'autre, deux corrélatifs nécessaires.

Dieu est-il cause du mal? Nullement. C'est l'homme qui le fait. Voir, prévoir, n'est pas faire, surtout quand c'est un être qui prévoit et un autre qui fait. La comparaison de Bayle, le père qui donne un couteau à son fils, sachant qu'il se percera le sein, est fausse. Le législateur qui fait une défense pour le bien général sait qu'elle sera violée par quelqu'un : est-il le coupable?

Dieu cause du mal ruine la liberté de l'homme. Effectivement le mal que je fais, c'est Dieu qui le fait, puisqu'il est sa cause, non moi : je ne suis donc plus libre. Singulière interversion des rôles! L'on croyait que l'homme, faisant le mal, offensait Dieu ; c'est, au contraire, Dieu qui, lui faisant faire le mal malgré lui, offenserait l'homme.

Si la liberté existe, on n'a pas besoin d'en demander davantage ni de remonter plus loin. La chaîne des causes commence là ; il n'y a rien au delà du premier anneau : là est le point de départ, la cause suffisante et complète, cause autant que Dieu. Il y a un intervalle vide entre l'homme

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libre et Dieu, sinon le mouvement de l'homme viendra de Dieu, et l'homme ne sera plus libre.

Il est inutile de prouver que ce monde est le* meilleur des mondes possibles : nous n'en savons rien et nous n'avons pas besoin de le savoir; imprudent système que celui qui borne la puissance de Dieu, qui professe connaître sa nature, et renvoie à des preuves cachées au fond du ciel, où personne ne peut aller les vérifier. Le monde est très bon pour son but qui est très bon aussi : cela suffit.

Nous demanderons-nous si ce monde est tout ce qui a pu être fait de mieux pour notre plaisir actuel ? Nullement. Ce qui est nécessaire, ce n'est pas que le monde soit bon et un séjour heureux, mais que l'homme soit bon et aussi heureux que possible. Il ne peut le devenir et obtenir la félicité qu'en la gagnant par l'épreuve. Le monde qui doit l'éprouver ne doit donc pas être le plus agréable des séjours.

En résumé, la grandeur n'existe pas sans mérite, le mérite sans liberté, la liberté sans mal. Sans cette imperfection, notre perfection ne serait pas possible.

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