‹ Le petit arsenal du catholique ou Traité élémentaire de controverse [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 49 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

C'était surtout pendant les longues soirées de l'hiver,

uw'un grand nombre de nos cultivateurs emploient ou à

des entretiens inu#les, ou à des courses dangereuses, ou à s'ennuver, que le bon Jean-Baptiste Fidele (c'était son nom), avide d' apprendre de bonnes et saintes choses, faisait une ample FH ision de connaissances religieuses,

I ne faut cependant pas croire que ce fut un homme qui

manquât aux exigences sociales ; car la religion bien comprise sait se prêter à tout ce qui est bon selon Dieu et selon les hommes.

Jean-Baptiste allait donc, de temps à autre, visiter ses amis et ses voisins ; mais il savait rendre ses visites intéressantes et salutaires. Et, ce que ne croiront peut-être pas ceux qui baillent aux prônes de leur curé et les trouvent toujours trop longs, c'est que les visites du bon Jean- Baptiste étaient avidement reçues et toujours trop courtes pour ceux qu'il visitait,

Des qu'il arrivait dans une famille, on l'entourait avec respect et on était heureux d'écouter ses conversations qui avaient toujours pour objet quelques unes des vérités de lo religion qu'il savait rendre aimable, parce qu'il parlait de J' abond: ance de son excellent cœur.

£n somme done, Jean-Baptiste était un très bon catholique, qui connaissait bien sa religion, y était sincèrement attaché, lui donnait la premiere place dans son cœur, la pratiquait avec une fidélité exemplaire, et se dévouait à la faire connaitre, aimer et pratiquer par ceux qu'il fréquentait.

I manquait cependant quelque chose à notre brave compatriote pour compléter l'instruction dont il avait besoin et lui fournir les armes convenables pour fermer la bouche aux canadiens apostats des Etats-Unis, qui venaient fréquemment chez lui et essayaient d'ébranler sa foi avec des textes de la bible que des prédicants leur avaient mis dans la tête. Cette chose qui ui manquait, c'était une bible catholique.

Il sentait depuis longtemps le besoin de nourir sa foi et sa piété par la lecture de ce livre divin ; mais il n'avait . jamais osé en ac eter une, parce qu il craignait, non sans raison, que cette lecture, qui avait enfanté les innombrables sectes protestantes qui déshonorent le christianisme par leurs doctrines plus ou moins extravagantes, ne Jui fut plus nuisible qu'utile et, qu'au lieu de Jui servir à se confirmer dans sa foi, elle ne servit qu'à la lui faire perdre,

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